Une réduction d’impôt qui profite à tout le monde
par Maxime Bernier
Un célèbre juriste américain, Oliver Wendell Holmes Jr., a écrit en 1927 que les impôts sont le prix que nous payons pour la civilisation. Quelle que soit la quantité de vérité contenue dans cette affirmation, nous sommes déjà bien loin de ça. Les impôts et taxes de nos jours sont le prix que nous payons pour avoir une grosse bureaucratie inefficace, qui cherche à intervenir dans tous les aspects de nos vies.
Tant que nous avons des taxes à payer cependant, il faudrait au moins s’assurer qu’elles causent le moins de distorsion possible dans notre économie.
Certaines taxes sont vraiment stupides. La taxe sur le capital par exemple est contre-productive dans la mesure où elle ralentit l’accumulation de capital, les investissements et la croissance économique. Heureusement, elle a été abolie au niveau fédéral. Et notre gouvernement a fourni des incitations aux provinces dans le budget de 2007 pour que celles qui en ont toujours une l’abolissent graduellement.
Qu’en est-il de l’impôt des sociétés ? On entend régulièrement les tenants d’un État plus gros dire que les entreprises ne paient pas suffisamment d’impôt. Si seulement elles en payaient plus, nous pourrions financer davantage de programmes sociaux et nous pourrions réduire le fardeau fiscal qui repose sur les contribuables individuels.
Même si cette proposition semble attrayante à première vue, elle ne repose sur aucune logique.
Les sociétés ont peut-être une personnalité juridique, mais ce ne sont que des entités abstraites. Elles ne sont, en fin de compte, qu’un faisceau de contrats entre des gestionnaires, des investisseurs et des travailleurs, dans le but de produire certains biens ou services spécifiques. Des faisceaux de contrats ne paient pas d’impôt, seulement des individus paient des impôts.
Du point de vue de l’entreprise, les impôts sont un coût additionnel pour faire des affaires. Si vous augmentez leurs impôts, elles devront, pour rester rentables, trouver des façons de réduire d’autres coûts, ou d’accroître leurs revenus.
Comment une entreprise fait-elle cela ? Une façon est de réduire le rendement des propriétaires et des investisseurs. En ce sens, l’impôt sur les bénéfices de l’entreprise devient l’équivalent d’une taxe sur le capital, ou sur le gain en capital. Ce n’est pas l’entreprise qui paie l’impôt, mais plutôt ses propriétaires ou investisseurs. Et comme le capital est mobile, il y a une limite au fardeau fiscal qu’on peut lui imposer. Le résultat, tout comme avec la taxe sur le capital, est que cela finit par décourager l’accumulation de capital et les investissements au Canada.
Une autre façon pour les entreprises de transférer le fardeau de l’impôt sur leurs bénéfices est d’augmenter le prix de ce qu’elles produisent. En ce sens, il devient l’équivalent d’une taxe à la consommation. Ce sont les consommateurs qui le paient, pas l’entreprise.
Une entreprise peut également décider de limiter son utilisation de divers facteurs de production, en mettant des travailleurs à pied, en réduisant leurs salaires, en investissant moins dans de nouveaux équipements, ou en achetant moins d’intrants de ses fournisseurs. Encore une fois, en bout de ligne, ce sont de vraies personnes qui paient l’impôt, soit les travailleurs de la compagnie ou les travailleurs d’autres compagnies avec qui elle fait des affaires.
Dans le monde réel, les entreprises transfèrent le fardeau de l’impôt selon une combinaison de ces différentes façons à leurs travailleurs, leurs consommateurs et leurs investisseurs. Et puisque nous sommes tous, d’une façon ou d’une autre, des travailleurs, consommateurs et investisseurs, nous sommes ceux qui le paient.
Ceux qui croient que l’on peut faire porter une partie de notre fardeau d’imposition personnel aux entreprises se méprennent donc complètement, à cause de leur mauvaise compréhension du fonctionnement de l’économie. Imposer les sociétés signifie en fait imposer les personnes. Mais ce n’est pas tout.
Tout le cycle d’imposition d’un fardeau fiscal aux entreprises, qui deviennent par la suite des percepteurs pour le gouvernement, a lui-même des conséquences négatives. En étant forcées de faire cela, les entreprises deviennent moins efficaces et toutes sortes de signaux et de prix faussés viennent créer des distorsions dans le bon fonctionnement de l’économie.
Personne ne bénéficie de cette situation. Imposer les entreprises signifie imposer un fardeau inutile sur un processus de création de richesse.
Au contraire, lorsque les entreprises sont mieux à même de produire des biens et services, nous en bénéficions tous : comme consommateurs qui en obtiennent plus pour leur argent ; comme travailleurs qui reçoivent un meilleur salaire ; et comme investisseurs qui reçoivent un meilleur rendement.
L’une des politiques adoptées par mon gouvernement dont je suis le plus fier est la réduction de l’impôt sur les sociétés annoncée en 2006 par mon collègue Jim Flaherty, le ministre des Finances. Le taux général d’imposition dépassait 22% en 2007. Il diminue chaque année depuis et sera à 15% en 2012. Le Canada aura alors le plus faible impôt sur les sociétés des pays du G7.
Il est dommage que les partis d’opposition ne comprennent pas suffisamment la logique économique pour appuyer ces réductions d’impôt. Le chef de l’opposition, M. Ignatieff, a répété récemment que s’il était au pouvoir, il gèlerait les réductions prévues du taux d’imposition et dépenserait plutôt l’argent sur des programmes sociaux. Il s’agit d’une façon très malhonnête d’acheter des votes. On prétend soutirer de l’argent des entreprises, alors qu’en fait on le prend dans les poches de tous les citoyens, comme je viens de l’expliquer ; et puis on prétend être très généreux en dépensant cet argent au bénéfice de certains groupes de pression spécifiques.
Si on devait appliquer la logique économique de façon tout à fait cohérente, nous irions évidemment plus loin et nous nous débarrasserions entièrement de l’impôt sur les sociétés. C’est peut-être irréaliste pour le moment, mais plus le grand public comprend bien ces principes économiques fondamentaux, plus il est possible d’imaginer qu’un jour, il deviendra politiquement acceptable d’adopter une telle mesure tout à fait cohérente.
Il est également important de comprendre la logique économique de façon à pouvoir répliquer à ceux qui nous accuserons de favoriser les entreprises aux dépens des individus. Réduire l’impôt sur les sociétés est en fait une mesure favorable aux individus, parce que le monde n’est pas divisé entre les individus et les entreprises. Les entreprises sont constituées d’individus. Les entreprises sont des individus. Le choix est plutôt entre des politiques pro-croissance et anti-croissance.
Financial Post
Maxime Bernier est député de Beauce.




















Un célèbre juriste américain, Oliver Wendell Holmes Jr., a écrit en 1927 que les impôts sont le prix que nous payons pour la civilisation. Quelle que soit la quantité de vérité contenue dans cette affirmation, nous sommes déjà bien loin de ça. Les impôts et taxes de nos jours sont le prix que nous payons pour avoir une grosse bureaucratie inefficace, qui cherche à intervenir dans tous les aspects de nos vies.
Si cette lettre avait été publiée dans notre chou nationalo-étatiste, voici les réactions que Bernier aurait eu:
Je ne peux m’empêcher de penser que les vrais clowns, ce sont nos nationalistes et illettrés économiques qui doivent s’enfler la tête parce qu’ils lisent Le Devoir mais qui, au lieu de débattre, se lance des attaques ad hominem ou qui vomissent la propagande bien digérée du système.
S’ils étaient nés dans un pays fasciste ou communiste, il est fort probable de croire que ces grands esprits auraient simplement répéter la propagande du système: les préjugés sur les autres idées non-fascistes ou non-communistes, les entendre dire qu’ils vivent dans le «mieux» système.
Je trouve cette idée très intéressante. Pour utiliser une comparaison simple, il s’agirait de taxer à la sortie du robinet (les individus bénéficiaires)plutôt qu’à la pompe (l’entreprise).Ceci garantirait les mêmes revenus sans nuire à la pompe.
Cependant comme en politique les apparences sont plus importantes que la réalité, aucun parti politique ne voudra être accusé de favoriser les riches par les démagogues de l’opposition.
@ Mathieu
Ce qui est frappant avec les commentaire du Devoir, c’est qu’on ne retrouve AUCUN argument rationnelle.
Maxime Bernier a écrit un texte avec des faits, une argumentation logique et qui fait appelle à la raison des gens.
Mais dans tous les commentaires publiés dans le Devoir, un ne retrouve aucun argument, aucune logique, aucune raison. Tous les commentaires s’adresse à l’émotion des gens.
Voilà qui confirme que si les libertariens s’adressent à la raison des gens, les socialistes eux sont uniquement capable de s’adresser à leurs émotion.
C’est la même chose sur le blogue de Hétu. Les commentaires libertariens ne sont jamais contredit par des arguments rationnelle et cohérents mais toujours par des insultes personnelles et émotionnelles.
Et vous savez pourquoi c’est toujours comme ça ?
Parce que les socialistes du Québec savent que les libertariens ont raison, ils savent qu’ils sont incapables de contredire la logique libertarienne. Les socialistes ont peur des libertariens car ils savent qu’ils ne sont pas le poids.
C’est pourquoi ils sont toujours en mode insulte/émotion, c’est leur dernière ligne de défense.
La gauche à des émotions, les libertariens ont la raison.
@David et Mathieu:
Le problème vient justement que ces socialistes devraient se poser de réelles questions sur pourquoi le libertarisme connaît un regain en force depuis cette crise. Prenez l’exemple de la Grêce (ou encore du Portugal ou de l’Espagne) qui a été celle d’un état providence au bord du gouffre. Même la Suède a compris que rendre l’impôt des entreprises a un niveau quasiment nul est très bénéfique.
(Un peu de poésie pour détendre l’atmosphère.)
En pensant à Maxime Bernier, il me vient en mémoire le poème l’Albatros de Beaudelaire dont voici un presque copier-coller.
Maxime Bernier est semblable au prince des nuées,
Qui hante la tempête et se rit de l’archer.
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêche de marcher.
C’est certain que si on abolissait les impôts des entreprises elles se dépêcheraient de baisser leurs prix… Elles ont tellement nos intérêts à coeur, hein?
D’ailleurs on le voit bien avec la montée du dollard : c’est fou ce que les prix ont baissés depuis qu’ils paient leurs produits américains moins cher!
J’aime votre naïveté.
M. Bernier était à l’émission de Christiane Charette ce vendredi.. L’entrevue était intéressante jusqu’au moment où Josée Legault et Nathalie Petrovski (les gauchistes de service) sont venu se joindre à la conversation… J’ai craché mon café à grand jet lorsque Josée a essayé de nous faire croire à sa neutralité journalistique… Heille! Faut pas charrier là!
lien
http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2010/CBF/ChristianeCharette201005280905_1.asx
Il nous faudra encore beaucoup de M. Bernier et de blogs de cette qualité pour faire entendre les bases de l’économie à la population et en particulier aux dirigeants ! Mais gardons espoir : il me semble justement que le nombre de l’un et de l’autre augmente lentement mais régulièrement… Sans doute est-ce un effet de bord des différentes crises que nous traversons ?
Les faits donnent raison à la théorie de M. Bernier. Dans un récent rapport de la Cours de compte (http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/cgi-bin/brp/telestats.cgi?brp_ref=094000486&brp_file=0000.pdf), on lit :
Et le rapport conclut ce chapitre par :
Vous êtes aussi daccord avec Maxime Bernier quand il parle de Bill Clinton comme ayant dérèglementé?
Deux corrections à mon commentaire No.5 :
1) Il s’agit de Baudelaire et non Beaudelaire.
2) ses ailes l’empêchent et non l’empêche.
Dire que j’ai eu 5 minutes pour corriger ça.