Jean François Lisée trouve parfaitement normal que 45% des Américains ne payent pas d’impôt.  Pour lui, c’est un mécanisme essentiel de redistribution de la richesse qui rend la société plus juste.

Vraiment ?

Tout d’abord, je laisse la parole au juge Napolitano et à David Buckner (Colombia University):

Comparons ensuite la situation en Alberta et au Québec pour vérifier si l’impôt permet véritablement de créer des sociétés justes et prospères.

En Alberta, un particulier avec des revenus de 100 000$ devra payer 30 110$ en impôt. Une société avec un profit de 1 500 000$ devra payer 118 322$ au ministère du Revenu. Au Québec, ces sommes sont de 36 893$ et 157 400$ respectivement.

Est-ce que le régime fiscal québécois a été bénéfique pour les pauvres ?

En Alberta pour l’année 2007, 37,9% des revenus des pauvres* provenaient de transferts gouvernementaux. Pour le Québec cette proportion a atteint un spectaculaire 62,6%. Vous pensez peut-être que cette redistribution de la richesse a fait en sorte que les pauvres du Québec étaient plus riches que les pauvres du reste de l’Alberta… Pas du tout, en 2007 les revenus des pauvres Québécois étaient de 12 700$ alors que les revenus des pauvres Albertains ont totalisé 17 100$.

Entre 1977 et 2007, le revenu des pauvres au Québec n’a augmenté que de 10,2%. À l’opposé du spectre politique, les revenus des pauvres en Alberta se sont accrus de 96,2%.

Entre 2002 et 2007, 2,7% des Québécois ont vécu 6 années consécutives sous le seuil de faible revenu. Durant la même période en Alberta, cette proportion n’a été que de 0,4%.

Pour terminer, il est intéressant de constater que l’indice GINI du Québec en 2007 était de 0,376 contre 0,394 pour l’Alberta. Autrement dit, l’Alberta est plus inégalitaire que le Québec. Pourtant, en Alberta les pauvres s’en tirent beaucoup mieux qu’au Québec. Voilà qui confirme une fois de plus que l’égalitarisme n’est pas une vertu à atteindre.

P.-S. Je vous rappelle que l’Alberta a une flat tax alors que le Québec a un impôt progressif.

Citation de P.J. O’Rourke à propos de l’État-providence:

P.J. O’Rourke

« A democracy cannot exist as a permanent form of government. It can only exist until a majority of voters discover that they can vote themselves largess out of the public treasury. »

*Pauvre: les 20% de la population avec le revenu le plus faible.