Message à Amir Khadir qui imagine un apartheid là où il n’y a pas d’apartheid:

"Heureusement, les citoyens arabes peuvent fréquenter les mêmes plages, restaurants et centres d’achat que les Juifs dans cet État d’ “apartheid”. De plus, ils peuvent briguer une élection et même compter pour la première fois un ministre au sein du gouvernement."

Comité Québec-Israël
Pour les Arabes d’Israël il n’y a pas d’apartheid
par Khaled Abu Toameh, citoyen israélo-arabe et journaliste au Jerusalem Post

Un membre arabe de la Knesset se rend jusqu’aux États-Unis et au Canada pour dire à des étudiants et à des professeurs universitaires qu’Israël est un État d’apartheid est non seulement un hypocrite et un menteur, mais cause un tort énorme aux intérêts de ses propres électeurs arabes.

Si Israël est un État d’apartheid, que fait donc cet Arabe à la Knesset ? L’apartheid ne signifie-t-il pas qu’une personne comme ce membre de la Knesset ne pourrait même pas se présenter à une élection ? Heureusement, les citoyens arabes peuvent fréquenter les mêmes plages, restaurants et centres d’achat que les Juifs dans cet État d’ “apartheid”. De plus, ils peuvent briguer une élection et même compter pour la première fois un ministre [Ghaleb Majadlah] au sein du gouvernement.

Dans cet État d’ “apartheid”, la communauté arabe jouit d’une presse libre qui fait l’envie de nombreux Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Ironiquement, un journal de Nazareth ou de Haïfa accrédité par Israël jouit d’une plus grande liberté que les médias contrôlés par le Hamas et le Fatah, ainsi que par la plupart des dictatures arabes corrompues.

Ironiquement, ce membre de la Knesset qui se plaint de l’apartheid jouit de plus de privilèges que la plupart des Juifs et des Arabes en Israël. À titre de parlementaire, il est en droit de faire plusieurs choses qu’un citoyen ordinaire ne peut pas grâce à l’immunité dont il jouit en tant qu’élu.

Son immunité parlementaire lui permet d’entrer dans des zones interdites aux citoyens ordinaires juifs et arabes. Ce membre de la Knesset, par exemple, se rend dans les territoires contrôlés par l’Autorité palestinienne qui depuis plusieurs années sont interdits aux citoyens israéliens ordinaires.

Ce membre de Knesset peut parfois violer la loi en visitant des pays “hostiles” tels que la Syrie et le Liban ou en tenant des réunions publiques avec les dirigeants du Hamas et du Hezbollah. Il est vrai que la communauté arabe en Israël est confrontée depuis longtemps à de vrais problèmes qui doivent être abordés avec urgence. Le problème central demeure la discrimination de la part des classes dirigeantes, en particulier en matière d’emploi et d’infrastructures, ainsi que dans l’allocation de fonds et de terres publics.

Néanmoins, les citoyens arabes ne luttent pas pour se séparer d’Israël. Plutôt, ils luttent en faveur de l’intégration, de l’égalité, de services améliorés et d’un meilleur traitement. Les citoyens arabes sont heureux de vivre en Israël où ils ont toujours compté une moyenne de 10 représentants à la Knesset.

En dénonçant Israël comme un État d’apartheid, le membre de la Knesset qui s’est envolé pour l’Amérique du Nord assiste en fait ceux qui cherchent à éviter le véritable problème : la discrimination. En se concentrant sur la question de l’apartheid, il détourne l’attention du vrai problème et trahit les intérêts de son propre peuple.

Les citoyens arabes d’Israël aimeraient voir leurs représentants siéger au parlement et lutter pour l’égalité et de meilleurs services pour le secteur arabe au lieu de participer à la Semaine contre l’apartheid israélien dans une université à Ottawa ou à Toronto.

On comprend mal comment la participation d’un membre arabe de la Knesset à la Semaine contre l’apartheid israélien sur un campus universitaire aux États-Unis ou au Canada sert la cause des 1,4 million de citoyens arabes d’Israël. En fait, ceci pourrait nuire aux citoyens arabes et à leur lutte contre la discrimination.

La présence du membre de la Knesset dans ces campus fait le jeu de ces Israéliens qui accusent les citoyens arabes, dont la majorité demeurent loyaux à l’État, de former une “cinquième colonne” et un “ennemi interne”. Plus les Juifs craindront leurs concitoyens arabes, plus ces derniers souffriront.

Le meilleur moyen de miner des radicaux comme ce membre de la Knesset est d’offrir aux citoyens arabes des services égaux et de pleins droits. Certes, Israël n’est pas un État d’apartheid. Mais Israël doit se réveiller et commencer à aborder sérieusement les problèmes de la minorité arabe avant qu’il ne soit trop tard.