Quelques chiffres tirés du bilan annuel de l’actualité 2009 d’Influence Communication, un ouvrage fascinant sur l’état de la nouvelle; à lire absolument !

Depuis 24 mois, l’environnement a perdu 66% de son poids média et la santé a fait un gain de 400%.

Le poids médias global de la grippe A(H1N1) et de l’ensemble de ses composantes en 2009:
- Québec: 6,70%
- Canada: 2,40%
- Monde: 1,40%

Chefs d’État ou politiciens les plus médiatisés dans le monde:
- Barack Obama: 9,16%
- Nicolas Sarkozy: 1,79%
- Gordon Brown: 1,71%
- Angela Merkel: 1,50%
- Hillary Clinton: 1,34%
Stephen Harper se classe 18e (0,43%)

Gilles Duceppe se classe en 21e position pour l’année 2009. Il était 8e en 2008 et 7e en 2007 et 2006.
Les quotidiens québécois les plus cités à la radio et à la télévision au Québec:
- La Presse: 50.65%
- Journal de Montréal: 18,34%
- Journal de Québec: 8,19%
- Le Soleil: 6,17%
- The Gazette: 4,65%
Les journalistes de la presse écrite les plus cités à la radio et à la télévision:
- Richard Martineau (Journal de Montréal): 5,67%
- Réjean Tremblay (La Presse): 4,44%
- François Gagnon (La Presse): 4,39%
- Yves Boisvert (La Presse): 4,17%
- Vincent Marissal (La Presse): 3,57%
Source:

État de la nouvelle: bilan 2009

























Intéressant de noter quels sont les domaines oû l’écart Que/Can/Monde est le plus grand :
Au Québec, on s’intéresse beaucoup moins à l’international et au national, et beaucoup plus à la santé, aux faits divers, aux nouvelles locales et régionales.
Tirez vos conclusions …
Jeff
Je viens de terminer la lecture du bilan. Fascinant, en effet.
Je reprends ici la conclusion :
Ce que je retiens notamment de cette conclusion :
Le produit médiatique est le résultat de quatre principales variables soit :
a) d’impératifs financiers
b) de modes
c) de la concurrence féroce et
d) de puissants égos.
Je comprends donc que la lecture d’un produit médiatique doit être faite à travers le filtre de ces quatre variables. Omettre de filtrer la nouvelle au travers de cette grille, c’est absorber le contenu à l’état brut et ne plus être à même de saisir la fabrication de l’actualité dans son essence. Omettre de filtrer « le produit médiatique » à travers cette grille, c’est construire sa perception de l’actualité, et d’une grande partie de sa réalité donc, tronquée de sa véritable substance.
Et j’abonde dans le même sens que Jeff : en regardant le graphique # 1 du billet, on lit que le poids de la nouvelle internationale au Québec est de 1.8%, de 5.7% au Canada et de 10.1% dans le reste du monde. En gardant à l’esprit nos quatre variables de départ, on peut penser que ce qui se passe dans le monde est un peu plus de 5 fois moins rentable et à la mode au Québec qu’ailleurs dans le monde. Et probablement aussi un peu plus de 5 fois moins nourrissant pour les puissants égos produisant la nouvelle.
Sans vouloir faire une conclusion rapide, j’ai l’impression que cela vient en fait du nationalisme de nos médias qui sont peu intéressés à comprendre ce qui se passe à l’étranger (et cela inclut nos voisins car les États-Unis ont un poids média très faible au Québec bien qu’il soit notre voisin) à part des dépêches des grandes agences de presse ou des trucs considérés exotiques selon l’humeur du correspondant (pensez à Hétu, par exemple).
Aussi, je trouve l’effet de groupe (mob effect en anglais) très fort chez nos médias traditionnels où l’on parle d’un sujet 24 heures sur 24. pendant une certaine période, puis qu’on arrête le sujet de façon relativement brusque.
En fait, on ne peut comprendre véritablement les nouvelles locales ou régionales sans comprendre ce qui se passe de façon internationale.
On dit aussi que les Américains sont souvent peu portés sur le monde, alors que les Québécois sont eux-mêmes pires selon cette étude en se caractérisant sur des trucs qui pourraient passer pas mal locaux chez certaines personnes dans le monde. Justement, remarquez quelle perspective des nouvelles à la télévision sont consacrés sur des chiens écrasés ou sur des faits divers comme le H1N1 que sur des trucs très importants qui se passent à l’étranger qui nous affectent tous.
En somme, à voir la désinformation relative sur ce que les journalistes nous montrent à l’étranger (et que cela diffère grandement d’un média à un autre) me font prédire la mort lente des médias traditionnels au cours des prochaines années, et qui cela pourrait arriver bien plus rapidement que l’on pense.
Dans le bilan, on emploi le terme « éclipse médiatique » pour décrire ce phénomène : « Une éclipse médiatique est une forte polarisation de contenu de près de 20 % autour d’une seule nouvelle. » Maintenant, « l’effet de groupe », modulé par les quatre variables énumérées au # 2, pourrait en effet expliquer l’origine des éclipses médiatiques.
Je partage votre intuition, matvail2002. En m’appuyant toujours sur le bilan, j’en déduis aussi que l’avènement plus répandu d’un journalisme non-traditionnel pourrait arriver bien plus rapidement que l’on pense.
Voici en l’occurrence la partie du bilan qui nous intéresse :
Fascinant comme perspective, n’est-ce pas ?