Cet été, le Centers for Disease Control and Prevention a demandé aux États américains de revoir la manière dont les cas de grippe H1N1 étaient comptabilisés. Au lieu de confirmer chaque cas individuellement avec un test, le Centers for Disease Control and Prevention a décidé de comptabiliser tous les cas considérés comme « probables ».

Certains États, comme la Californie, ont décidé de poursuivre leur politique de confirmation des cas d’infection. Des reporters de la chaîne ABC ont obtenu les résultats de ces tests: des 13 704 cas probables de grippe H1N1, seulement 2% ont testé positifs pour la présence du virus; dans 86% des cas, aucune trace de l’influenza n’a été décelée (le 12% restant corresponds à des cas de grippe saisonnière).

Voici le reportage diffusé par ABC sur la possible surestimation des cas de grippe H1N1 aux États-Unis:

Je vous rappelle que le président Obama a déclaré un « état d’urgence sanitaire » pour combattre la grippe H1N1.

Depuis quelques jours dans les médias, on a pu voir une dénonciation des gens qui refusent de se faire vacciner (ici, ici, ici & ici). Les gens qui rejettent la vaccination seraient des conspirationnistes ignorants n’ayant pas toute leur raison.

Ce genre d’analyse passe à côté du problème. Le problème ce n’est pas le vaccin, mais les politiciens qui en font la promotion. Certes, parmi les gens qui refusent de se faire vacciner il y a sûrement des wacko jacko qui s’imaginent que le mercure contenu dans le vaccin est un outil du gouvernement pour prendre le contrôle de leur cerveau. Mais la grande majorité de la population n’a jamais remis en doute les bienfaits de la vaccination. A-t-on vu des campagnes de boycottages contre les vaccins pour la rubéole, la rougeole ou les oreillons ? Moi-même, j’ai reçu une injection du vaccin Twinrix il y a quelques semaines.

Non, au risque de me répéter, le problème vient des politiciens qui font la promotion du vaccin antigrippal. Depuis le début des années 2000, les gouvernements se sont amusés à nous faire peur: le SRAS, le bogue de l’an 2000, le terrorisme, l’anthrax, la vache folle, la fièvre aphteuse, le réchauffement climatique, la grippe aviaire et maintenant la grippe porcine. À chaque fois, on a crié « au loup » pour rien. Ajoutez à ces histoires les nombreux cas de corruption et il ne faut pas se surprendre de constater que la population soit réticente à se faire injecter avec un produit approuvé en toute hâte parce que des politiciens nous disent que c’est la seule façon de prévenir la fin du monde.

Si les gens refusent de se faire vacciner, ce n’est pas à cause de quelques paranos à l’imagination trop fertile, mais à cause du gouvernement qui a trop souvent abusé et trahi notre confiance; aujourd’hui on ne croit plus ce que racontent les politiciens.

Peut-être que la grippe H1N1 représente une menace réelle. Peut-être que le rejet du vaccin par une partie significative de la population aura des conséquences catastrophiques. Mais si jamais le pire devait se produire, ce n’est pas la population qu’il faudra blâmer, mais plutôt les politiciens qui auront gaspillé leur capital de crédibilité sur des niaiseries pour finalement ne plus en avoir du tout au moment où ça comptait le plus.