« Après tout, qui êtes-vous pour prétendre savoir quoi faire avec votre argent? »
Une petite faveur
par David Descôteaux à l’IEDM
Chaque année, vous versez plus de 1 300 $ de vos impôts, transformés sous forme de subventions, de prêts sans intérêt et de garanties de prêts, aux entreprises.
Mais ce n’est pas assez. L’industrie aéronautique – grande bénéficiaire de ce système avec l’industrie automobile – affirme, en marge de son congrès d’Ottawa, que le gouvernement doit en faire plus pour l’aider. J’allais vous expliquer que les subventions ne créent pas d’emplois. Qu’on prend simplement à Pierre pour donner à Paul. Que malgré des milliards en subventions, aucun emploi (au net) n’a été créé chez les fabricants d’avions et de pièces d’avions au Québec depuis 10 ans.
Mais pourquoi être négatif? Soyons solidaires. J’accepte d’aider mes confrères de l’aéronautique. Mais en échange, je leur demande une petite faveur. J’ai un projet : publier un livre. J’ai beaucoup de talent et suis certain que ce sera un succès. Je demande aux milliers d’employés de l’aéronautique de me prêter chacun 25 $. Je vous rembourserai dans 20 ans. Ce sera, bien sûr, un prêt sans intérêt. Et je vous rembourse seulement si je vends mes livres. Si je ne vends rien, je ne rembourse rien.
Vous refusez? Mais voyons, mon projet va générer des retombées économiques. La maison d’édition fera des profits, j’achèterai des logiciels de correction, du papier, j’engagerai des recherchistes, je mangerai dans les restaurants autour de chez moi, me ferai construire un beau bureau… Avec l’impôt payé par tous ces travailleurs, et les taxes générées par la vente des livres, le gouvernement va faire un coup d’argent! Et puis, il est vital que notre industrie du livre brille et soit concurrentielle. Un auteur français qui écrit sur le même sujet que moi reçoit des subventions de son gouvernement. Il serait injuste et suicidaire pour notre industrie de ne pas me subventionner aussi.
Vous refusez toujours? Vous préférez mettre votre 25 $ dans un placement à faible risque qui vous rapportera des intérêts de 5 % composés annuellement et vous enrichira de 66 $, au lieu du 25 $ incertain que je vous propose? Vous dites qu’il est plus important pour vous de placer cet argent pour l’éducation de votre enfant que de l’utiliser pour fabriquer des livres (des avions) que vous ne comptez pas utiliser? Je n’y comprends rien… Mais peu importe votre décision. Vous n’avez pas le choix. Mon bon ami le ministre vous oblige à me prêter cette somme. Sinon, vous irez en prison. Lui, il croit que c’est un bon projet. Après tout, qui êtes-vous pour prétendre savoir quoi faire avec votre argent?




























Chaque année, vous versez plus de 1 300 $ de vos impôts, transformés sous forme de subventions, de prêts sans intérêt et de garanties de prêts, aux entreprises.
Si cela est vrai, je dois dire que c’est passablement scandaleux. Pourquoi est-ce que je prête 1300$ sans intérêt et sans garanties de prêts ? C’est illogique. Pourquoi est-ce qu’on ne me laisse pas placer cet argent où bon me semble, comme le suggère l’auteur, et faire des intérêts avec ?
Je suis consciente que l’article de l’auteur est ultra-vulgarisé et que la réalité est peut-être plus complexe que ce qui est écrit. Par contre, aussi vulgarisé puisse-t-il être, si le raisonnement de l’auteur est bon, il est logique de conclure que le 1300$ devrait rester dans mes poches.
C’est choquant!!!
Ce gars est un génie.
Moi qui trouvait que le journal Metro était une feuille de choux squattée par les gauchistes (Léo-Paul Lauzon, Stephen Guildebot & Co.)
Finalement ils publient quelques bon textes.
Un petit Bastiat sauce moderne.
Malheureusement, j’aurais tendance à croire que la réalité n’est pas plus complexe….
On se doute bien que si l’on cèsse de subventionner des grosses corporations comme Bombardier, Bombardier et al n’auront que l’embarras du choix pour trouver des gouvernements prêts à ouvrir les cordons de leur bourse pour les accueillir…
On se souvient que quand Canadair est devenue Bombardier Aéronautique, cette dernière a obtenue un « cadeau » d’un milliard de dollars du gouvernement fédéral contre la somme symbolique de 1$… Une entreprise libre de dettes et possédant une techonologie dont elle n’a pas eu à payer pour la dévelloper, celle d’un avion dérivé du Lear Jet, dans laquelle la feu-Canadair avait englouti 1 milliard de dollar en R&D…
On peut aussi se demander si les gouvernements du Canada et du Québec ont été remboursés pour les prêts accordés pour GM Boisbriand et Hyundai à Bromont…
Bon débarra.
Le gouvernement doit compétitionner les autres juridictions non pas avec des subventions aux amis du pouvoir, mais avec des réformes fiscales qui seront profitables à tout le monde.
De plus, avec des réformes fiscales, on est juste envers toutes les industries. Parce qu’en prenant l’argent des uns pour aider les autres, on étouffe du même coup l’arrivée de nouvelles industries qui ne seront pas « aider » par le gouvernement.
Il est impossible pour le gouvernement de planifier efficacement l’économie en favorisant des entreprises aux dépend des autres.
Subventionner l’aéronautique ne profite qu’à l’aéronautique. Pour donner ses subventions il faut taxer, une entreprises informatique avec un produit révolutionnaire décidera donc d’aller à l’extérieur du Qc parce qu’elle ne sera pas assez proche du pouvoir pour toucher des subventions mais elle devra tout de même payer ses impôt pour subventionner Bombardier.
Avec une réforme fiscale, on évite de favoriser une industrie aux dépend des autres et on évite le bordel que peut causer le gouvernement en voulant mettre en place une économie planifiée.
YEAH!!!! Bien dit
Propos à répéter à l’infini à ceux qui défendent les subventions aux entreprises….
Je seconde David là -dessus également !!!! D’une évidence grossière et malheureusement incomprise…
On peut demander à quoi servent les subventions à l’agriculture…
On paye les agriculteurs pour qu’ils limitent volontairement leurs productions pour ne pas faire chuter le prix des denrées agricoles…
Et tout ça pendant qu’un milliard d’individus vivent à la limite de la famine…
Ah bon. Intéressant. J’apprécie quand les choses sont bien vulgarisées, intellectuellement accessibles pour le commun des mortels, tout en demeurant bien fondées et documentées. Quand des sources précises sont en plus fournies pour appuyer les données clefs – ce qui ne peut pas nécessairement être le cas dans un journal comme le Métro, j’en conviens – c’est la cerise sur le gâteau.
Je comprends difficilement comment on peut s’opposer à cette logique. Envisagée sous cet angle, la logique veut que tous soient fiscalement égaux, que chacun puisse tenter sa chance et que ce ne soit pas seulement les gros déjà bien installés qui bénéficient des deniers publics. Il me semble que ce type de raisonnement pourrait être cautionné tant par une personnalité d’affaires qu’un syndicaliste convaincu.
Probablement pas par un syndicaliste car le syndicaliste a le meme gros defaut que le politicien: il est pres a faire les pire bassesse pour sa re-election a l’executif de son syndicat. Les groupes cible sont different, le budget aussi mais la mecanique reste essentiellement la meme.
Et un syndicaliste qui appui ca, dit implicitement que dans certaines negos que la parti patronale a raison de vouloir baisser les couts de main-d’oeuvre parce que le marcher change.
Oui, Chose. Effectivement, cette partie de mon commentaire était passablement naïve. Certains syndicalistes cautionneraient peut-être ce raisonnement (du comm. # 7) mais peut-être aussi ne se sentiraient-ils pas libres de le faire valoir à voix haute.