Liberté de choixJ’ai été surpris d’apprendre cette semaine qu’il n’existait pas de véritables mécanismes de libre-échange entre les provinces canadiennes.  La situation est franchement ironique, le Québec négocie actuellement une entente de libre-échange avec l’Europe au moment même où le commerce avec le reste du Canada n’est pas libre.  Heureusement, les premiers ministres des provinces canadiennes ont décidé de remédier à cette lacune en négociant l’Accord de commerce intérieur.

Mais cet accord ne fait pas l’affaire de tout le monde.  Il y a bien sûr les agriculteurs québécois, ces éternels braillards qui, au fil des ans, ont délaissé le labourage de la terre pour se consacrer au labourage du portefeuille des contribuables.  Mais j’ai été surpris d’apprendre que l’organisme Option Consommateurs s’opposait aussi à la signature de cet accord de libre-échange. Quelle ironie, un organisme ayant pour nom Option Consommateurs qui désire réduire les options des consommateurs québécois !

Les opposants à l’Accord de commerce intérieur font valoir que cette entente pourrait affaiblir les normes très strictes de mise en marché des aliments au Québec.  Moi je ne vois pas de problème: si ces normes ajoutent une plus value aux aliments et ne sont pas simplement des règles ayant pour but de favoriser certains intérêts corporatistes, les producteurs ne doivent pas avoir peur de la compétition.

Par exemple au Québec, la loi oblige les producteurs de yogourts à utiliser du lait frais.  Avec l’accord de libre-échange, on pourra désormais retrouver sur nos tablettes d’épicerie des yogourts fabriqués à partir de protéines laitières.  Si le produit à base de lait frais est véritablement de qualité supérieure, les gens vont continuer à en acheter même s’il est plus cher.  Si le produit vendu est de qualité, pourquoi craint-on autant la compétition ?  De plus, si ce produit possède un attrait particulier, alors on aura désormais la possibilité de l’exporter à la grandeur du Canada !

Est-ce que les producteurs québécois ont peurs du libre-échange parce qu’ils savent qu’ils ont besoin d’avoir un monopole pour nous vendre des produits au rapport/qualité prix discutable ?

Aux États-Unis, il a été démontré que les accords de libre-échange ont permis de multiplier par 4 la variété des produits offerts aux consommateurs.   En s’opposant l’Accord de commerce intérieur, Option Consommateurs veut réduire l’éventail de choix des consommateurs québécois.  Bref au lieu de défendre les consommateurs, Option Consommateurs défend plutôt les intérêts corporatistes de ceux qui veulent nous exploiter par le biais de leur monopole.