« L’ONU est indiscutablement un monument à l’incompétence, à l’hypocrisie et à la mauvaise foi. Ceux qui la défendent doivent admettre qu’ils défendent ses idéaux et non la réalité onusienne. »

Journal de Montréal
La fabrique de la haine
Par Joseph Facal

Plusieurs chefs d’État viennent de s’adresser au monde à l’occasion de la 64e Assemblée générale de l’ONU. Quand les pires dictateurs de la planète veulent faire la morale aux démocraties, on peut toujours compter sur l’ONU pour leur offrir une tribune de rêve.

Les buts proclamés de l’ONU sont d’oeuvrer à la sécurité, à la paix, au développement et à l’avancement des droits de l’homme. À la lumière des résultats, force est de conclure que le seul mérite de cette organisation est que les choses seraient sans doute pires si elle n’existait pas.

L’ONU est indiscutablement un monument à l’incompétence, à l’hypocrisie et à la mauvaise foi. Ceux qui la défendent doivent admettre qu’ils défendent ses idéaux et non la réalité onusienne.

Tout a été dit sur sa bureaucratie obèse et sa corruption endémique. La liste est longue aussi des massacres et des génocides auxquels elle a assisté en restant les bras croisés : Rwanda, Srebrenica, Darfour et tant d’autres.

La grande spécialité de l’ONU est cependant de renverser de façon orwellienne la réalité: les agresseurs y deviennent souvent les procureurs et les agressés sont transformés en accusés. Lisez jusqu’au bout les chiffres suivants.

La guerre qui a fait rage au Congo entre 1998 et 2003 aurait fait autour de 4 millions de victimes. Elle a fait l’objet de 56 motions en bonne et due forme dans les diverses instances onusiennes.

La guerre civile qui sévit au Soudan depuis 1983 a fait périr environ 1,3 million de personnes, mais elle n’a suscité que 14 motions à l’ONU. Les Africains peuvent se massacrer dans l’indifférence la plus complète du reste du monde.

Le conflit israélo-palestinien, lui, aurait fait environ 7000 morts entre 2000 et aujourd’hui. Mais, Israël a été l’objet de 249 motions de condamnation à l’ONU! N’y a-t-il pas là comme une scandaleuse disproportion ? Oui, je sais, c’est une sorte de comptabilité macabre. Toutes les morts sont également tragiques.

Obsession

Ce que je veux illustrer, c’est que l’ONU est d’une superbe efficacité pour travailler à plein régime à condamner Israël. Elle y consacre des ressources, des énergies et un temps si disproportionné par rapport aux autres conflits dans le monde qu’il faut conclure à l’obsession anti-israélienne.

Manipulation

Cela s’explique aisément. Les États arabes, dont pas un seul n’est une démocratie, se fichent totalement des Palestiniens, qu’ils manipulent cyniquement. Mais, ils ont compris depuis longtemps qu’en faisant d’Israël le bouc émissaire de tout ce qui va mal au Moyen-Orient, ils peuvent plus facilement justifier la répression de leurs propres peuples.

Le reste des membres de l’ONU est aussi constitué d’une majorité d’États non démocratiques. Pour eux, condamner Israël, c’est, à travers lui, condamner les États-Unis et l’Occident, et justifier ainsi leur propre turpitude. On réunit donc sans peine une majorité pour voter des condamnations.

Israël a évidemment ses torts. Les colonies de peuplement sont de la pure provocation. Mais, il faut se lever de bonne heure pour expliquer en quoi l’État hébreu est responsable de la pauvreté, de l’absence de liberté, de l’ignorance, de l’obscurantisme et du mépris des femmes qui sévissent dans les pays voisins.

Je poursuis dans deux jours.

« Dès qu’il est question d’Israël, l’ONU fait penser à un sanatorium dont les patients auraient pris le contrôle. »

Journal de Montréal
La fabrique de la haine (2)
Par Joseph Facal

J’expliquais lundi que l’ONU fait à Israël un procès sans commune mesure avec le traitement accordé aux autres États impliqués dans des conflits.

Par exemple, en 2006, le Conseil des Droits humains de l’ONU vota une résolution faisant d’Israël le seul État dont le traitement des droits doit faire l’objet d’un examen permanent et d’un rapport chaque session. Évidemment, additionnez les anti-Occident, les anti-USA et les antisémites déguisés en antisionistes, et vous dégagez aisément une majorité parmi les 192 pays représentés à l’ONU.

L’absurde atteint parfois des sommets. En 1976, des terroristes détournent un avion en route vers Tel-Aviv. Le dictateur ougandais Idi Amin Dada accepte que les terroristes atterrissent chez lui, à l’aéroport d’Entebbe.

Un commando israélien donne l’assaut, libère ses compatriotes et liquide les terroristes. Que fait l’ONU? Elle condamne Israël pour «violation de la souveraineté territoriale de l’Ouganda». Elle laissait cependant Idi Amin massacrer impunément son propre peuple.

Depuis plus de cinquante ans, la Chine prive de liberté politique plus d’un milliard de Chinois. Combien de résolutions la condamnant ont été adoptées par l’ONU? Pas une. La Chine dispose évidemment d’un droit de veto.

TRAITEMENT PARTICULIER

En 1988, l’ONU laisse Yasser Arafat monter à la tribune et s’adresser au monde entier. On le légitimait du coup comme chef d’un mouvement de libération nationale. Certes, il avait commis des actes terroristes, mais on peut dire la même chose d’autres «libérateurs» de peuple, et notamment de l’ex-premier ministre israélien Begin.

L’anomalie est ailleurs. Il existe d’autres nations conquises luttant pour leur liberté: au Tibet, au Kurdistan, et ailleurs. L’OLP est pourtant la seule organisation ayant obtenu cette reconnaissance onusienne. Parce qu’elle combat Israël. Les Palestiniens ont évidemment droit à leur pays. Je note seulement qu’à chaque fois que l’État d’Israël est en cause, les critères diplomatiques et moraux changent.

En 2001, lors de la conférence organisée par l’ONU à Durban, en Afrique du Sud, les responsables n’avaient pas empêché la distribution de tracts mettant sur un pied d’égalité l’étoile de David et la croix gammée nazie.

MONDE À L’ENVERS

Cette obsession anti-israélienne de l’ONU se comprendrait si les violations israéliennes des droits de la personne étaient plus lourdes et plus systématiques qu’ailleurs. Il y en a, évidemment, et elles doivent être condamnées. Il faut cependant avoir le jugement déformé par la haine pour conclure qu’elles sont pires que ce que l’on voit chez ses voisins, ou ailleurs dans le monde.

Israël est loin d’être sans reproches. Il a cependant fait la paix avec les voisins qui l’ont voulue : l’Égypte et la Jordanie. Les autres États de la région ne veulent pas lui arracher des bouts de territoire, mais le rayer de la carte. Son armée affronte des combattants dissimulés parmi les civils, ce qui rend inévitable la mort d’innocents. L’ONU n’a évidemment que faire de ces nuances.

Le général de Gaulle qualifiait l’ONU de «machin». Comme il est mort en 1970, il était donc très en dessous de la réalité d’aujourd’hui. Dès qu’il est question d’Israël, l’ONU fait penser à un sanatorium dont les patients auraient pris le contrôle.

« But shouldn’t it stand with those nations that already value the basic tenets of a free and peaceful society? »

Reaon Magazine
How to Lose Friends…
By David Harsanyi

The United States does not negotiate with terrorists but we insist that Israel do so without preconditions.

We will not get entangled in the distasteful internal politics of Iran but we define Israel’s borders.

We will remove missile defense systems in Europe so we do not needlessly provoke our good friends in Russia but we have no compunction nudging Israel to hand over territory with nothing in return.

This week, President Barack Obama spoke to the United Nations General Assembly and insisted that Israel and the Palestinians negotiate « without preconditions » (well, excluding the effective precondition that Israeli settlements are « illegitimate, » according to the administration-so no preconditions means feel free to rocket Israel while you talk).

This tact, Obama hopes, will lead to « two states living side by side in peace and security-a Jewish state of Israel with true security for all Israelis and a viable, independent Palestinian state with contiguous territory that ends the occupation that began in 1967 and realizes the potential of the Palestinian people. »

Hate to break the news to you, but there already exists a Jewish state of Israel with true security for all Israelis. This security is attained through a perpetual war against terrorism and Arab aggression.

And the most recent time Israel withdrew from disputed lands without preconditions to allow the potential of the Palestinian people to shine through was in Gaza. The Arabs, hungering for the light of freedom, used the gift to elect Hamas-now an Iranian proxy and always a terror organization-to rain rockets down on the civilians who voted to allow the first democratic Arab entity in history.

If Obama expects Israel to end the « occupation » that began in 1967, he also is demanding Israel abandon parts of Jerusalem. If he really anticipates that a Palestinian state will be « contiguous territory, » what he expects is that Israel can’t be contiguous.

And when he uses the word « occupation, » he is negotiating for the Palestinians. None of the lands up for discussion are « occupied » territory. The president, a highly educated man, knows well that there never has been an ultimate agreement on borders, nor has there ever, in history, been a Palestinian state to occupy.

There is an ethical question that the president might want to answer, as well. Why would the United States support an arrangement that scrubs the West Bank of all its Jews? Why is it so unconscionable to imagine that Jews could live among Muslims in the same way millions of Arabs live within Israel proper? Not many international agreements feature ethnic cleansing clauses. (Isn’t this, after all, about peace?)

Of course, we all know why: Jews would be slaughtered, bombed from their homes, and rocketed from their schools. This indisputable fact reveals the fundamental reality of these negotiations.

Instead of reaffirming the importance of our relationship with Israel, Obama has renewed our membership in the United Nations Human Rights Council, presided over by exemplars of self-determination and human dignity, such as Libya, Syria, and Angola. The hobbyhorse of this organization is accusing Israel of war crimes, which isn’t surprising.

Noted intellectual George Gilder argues in his most recent book, The Israel Test, that where you stand on Israel-not always, but in general-is an indication about how you feel about the ideals of liberty and capitalism. The debate over Israel, he claims, is the manifestation of a deeper moral and ideological war around the world.

« The real issue, » writes Gilder, « is between the rule of law and the rule of leveler egalitarianism, between creative excellence and covetous ‘fairness,’ between admiration of achievement versus envy and resentment of it. »

This nation has no inherent duty to wage endless wars to secure freedom for the world’s masses-often against their will. But shouldn’t it stand with those nations that already value the basic tenets of a free and peaceful society?

Or are all people now equally deserving of our friendship simply because they exist?