« Dire non au talent des autres, c’est s’appauvrir. »
Acheter local : à quel prix?
par David Descôteaux à l’IEDM
Samedi matin à la ferme Cormier, dans l’Assomption. Pendant que ma fille enfonce un épi de blé d’Inde dans la gueule d’un cheval, ma blonde achète des légumes frais à la sortie.
Voilà, c’est fait. La famille Descôteaux a acheté «local». Vais-je poursuivre sur cette lancée? Acheter une scie à la quincaillerie du village plutôt qu’au Canadian Tire? Non.
Parce que les vertus de l’achat local s’arrêtent ici. Des aliments frais? Oui. Des vêtements de création québécoise, un vélo québécois? Pourquoi pas. Du moment que ces produits rivalisent en prix et en qualité. Mais payer plus cher pour «encourager l’économie locale»? Non merci.
D’abord, en payant plus (trop) cher votre article, il vous reste moins d’argent à dépenser chez les autres commerçants locaux. Mais surtout, nous sommes riches parce que nous échangeons. Le producteur chinois, allemand, ontarien ou québécois se spécialise dans le domaine où il excelle. En échangeant nos talents et ressources, nous accédons à un plus grand choix de produits. De meilleure qualité, et à meilleur prix. Plus nombreux sont les êtres humains qui apportent leurs talents et créativité à la table, plus notre société prospère. Acheter local, c’est réduire le nombre de participants. C’est se priver de talents. Étouffer la créativité.
Petit exercice : imaginez que les citoyens de votre ville adhèrent à l’achat local pendant 10 ans. Imaginez-vous ensuite franchir la porte de votre magasin favori. Que voyez-vous sur les tablettes? Presque rien. Normal. Dans une économie «locale», nous devons tout produire nous-mêmes. Comme nous possédons des talents limités, les iPod, les livres de Harry Potter ou les vins d’Espagne, ça n’existe pas.
Et où établir la frontière? Si acheter québécois profite au Québec, acheter strictement sur l’île de Montréal est forcément mieux pour l’économie montréalaise. Si j’habite Rosemont, dois-je m’assurer que l’argent «reste» dans Rosemont? Si les citoyens de Côte-des-Neiges commencent à acheter local, doivent-ils cesser d’acheter à Outremont?
C’est sérieux. Quand Obama impose sa clause «achetez américain» pour construire des routes, il dit à ses entreprises : achetez local. Résultat : des centaines de Canadiens et de Québécois perdent leur emploi.
Ici aussi, un nombre croissant d’intervenants veulent nous convaincre – sinon nous forcer – à acheter local. Erreur. On enrichit une économie – et ses participants – en trouvant des façons moins chères de produire des biens. Et non l’inverse. Dire non au talent des autres, c’est s’appauvrir.




















Samedi matin à la ferme Cormier, dans l’Assomption. Pendant que ma fille enfonce un épi de blé d’Inde dans la gueule d’un cheval, ma blonde achète des légumes frais à la sortie.
Il semble qu’il y ait de plus en plus de francophones qui veulent informer le gens des avantages du libre échange et des dangers du protectionnisme. Mais monsieur Descoteau aurait du ajouter une ou deux ligne à son texte. C’est que lorsque achète un produit provenant de l’étranger, nous payons en dollars canadien. le japonais ou le chinois qui l’accepte ne le prends par plaisir ou par charité. Il le prends parce qu’il sait qu’il pourra acheter quelques chose en retour. Ce quelque chose, c’est un produit canadien ou une visite touristique.
david: Je ne sais pas si je suis le seul a avoir ce problème mais tout mon menu de commentaires est en anglais et est laid comme c’est pas possible. Est-ce Antagoniste ou est-ce que j’ai un problème quelconque avec mon ordinateur?
C’est le site. Il est présentement en cours de rénovation.
Ce n’est pas super beau, mais c’est fonctionnelle.
Une fois les rénovation terminé, tout devrait rentrer dans l’ordre.
Bon article qui remet à sa place un des slogans vides de nos altermachins et autres analphabètes économiques.
Et, en plus, une bonne dose d’humour:
« Pendant que ma fille enfonce un épi de blé d’Inde dans la gueule d’un cheval, ma blonde achète des légumes frais à la sortie. » Un cheval qui « produit » des légumes? Voilà qui peut régler la faim dans le monde!
D’accord pour encourager une entreprise locale (et je le fais moi-même par choix) lorsque cela est fait par choix du consommateur et non par choix du gouvernement. Cependant, si une entreprise locale n’est pas capable de concurrencer avec d’autres entreprises régionales, nationales ou internationales autant dire que cette n’a simplement pas le mérite d’être en place.
Pour ce qui est du Buy American des démocrates au congrès autant dire que cela pose un dilemme. Mettons qu’une entreprise de la Beauce propose un produit à 22$/le pied en gros, alors qu’une entreprise de l’État en question où se situe l’acheteur propose quasiment le même produit à 28$/le pied en gros. Cela va donc faire que la ville va perdre des milliers de dollars et va remettre la facture aux contribuables de la juridiction en question.
Soit dit, l’administration démocrate semble avoir oublié que PLUS de protectionnisme fera durer la crise encore plus longtemps tout en se refermant sur nous-mêmes. L’épisode de South Park démontre en fait ce même dilemme (à vrai dire South Park véhicule beaucoup d’idées libertariennes car les deux auteurs/fondateurs de cette émission sont parmi les seuls dans l’industrie qui sont pas des démocrates)
Celui qui a écrit cet article résume très bien le complexe nationalo-régiono-commercial des altermachins qui ont des slogans simplistes.
Soit dit, savez-vous que les anti-mondialistes sont devenus les alter-mondialistes lorsqu’il ont réalisés que la mondialisation était inévitable dans notre planète.
P.S: Lisez les commentaires des pro-achat local dans le site de l’article sur le site de Métro. À vrai dire, ils démontrent leur point de manière biaisée comme si cela était une véritable religion.
J’aime tellement ce que ce monsieur a écrit, vraiment.
Malheureusement, et les commentaires sur le site de Métro le reflètent bien, il semble que ce sera bien dûr de changer les mentalités national-régionalo protectionnistes.
Pas plus tard que la semaine dernière, je lisais dans le journal que les entreprises du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont formé leur propre fonds de formation de la main d’oeuvre parce qu’ils étaient écoeurés de se faire « voler » par les autres régions du Québec.
Souvent on caricature cette opinion « d’acheter local ». On y met tout et n’importe quoi. Entre Obama qui influence l’économie de tout un pays par un positionnement idéologique et le simple consommateur qui, comme moi, préfère acheter des légumes du coin pour de simples questions de fraîcheurs, mais qui ne se prive pas pour autant des produits exotiques… il y a tout un écart.
L’intérêt du local dans l’alimentation peut aussi se comprendre avec la perspective du « terroir » (ça marche pour le vin, le sirop d’érable, la bière, etc.). J’achète rarement des bières belges… pour une question de goût, alors que je raffole des tchèques ! Je préfère le sirop d’érable du nord du St Laurent. Les melons de Cavaillon sont meilleurs que les espagnoles. Etc. C’est une sorte de spécialisation finalement.
La quasi-totalité des légumes que l’on produit en France-Allemagne, je les achète (je préférerai qu’on me dise que ça vient du Rhin Supérieur, c’est ça ma région locale…). Si tout le monde faisait ça, ça nous priverait pas des bananes plantin ni des kiwi ! Ce sont des choix de consommation personnels et j’ai du mal à comprendre ceux qui critiquent cette liberté !
Pour les vêtements et l’électronique… c’est un comportement excessivement minoritaire. Mais là aussi, les gens achètent ce qu’ils veulent. Cela dit, pour certains produits je préfère acheter américain, japonais ou européen, parce qu’ailleurs, par manque d’information et de transparence (deux aspects importants dans une économie libérale), on ne sait pas trop comment et avec quoi c’est fait.
Si tout le monde commence à acheter local, au-delà des légumes et viandes, c’est qu’il y a une raison. Si le rapport qualité-prix n’est pas meilleur, ça restera minoritaire, voilà tout, pas de quoi s’en inquiéter. On trouvera toujours des iPod loin de la Californie.
Enfin voilà, critiquer les actes individuels et brandir le spectre de l’appauvrissement, je trouve ça un peu fort.
Les actes du gouvernement c’est autre chose bien sûr, parce que eux ils agissent avec une idéologie et leurs actions sont autrement plus importantes que celle du simple consommateur, c’est là-dessus qu’il faut se focaliser à mon avis.
Bref, arrêtons de diaboliser l’achat local individuel, la prise de position individuelle (qu’elle soit idéologique, practico-pratique, sentimentale, gustative, etc.). Si quelqu’un a envie de ne consommer que local sur un rayon de 100m ou 1000km autour de chez lui, c’est son choix et… c’est pas lui qui va nous obliger à faire pareil. Quant aux partis qui prônent ça, ils le font de manière très vague (justement c’est quoi « local » ?). Suffit de leur répondre que l’Humanité, depuis l’aube des temps, commerce et que, depuis… pfiou, des siècles, l’économie est mondialisée, c’est comme ça qu’il y avait des épices et de la soie en Europe par exemple.
Petit argument de plus: L’achat de produits importés encourage l’exportation.
Lorsqu’on achète des produits chinois avec des dollars, ils ne peuvent pas les dépenser localement alors, ils doivent les utiliser pour racheter des produits canadiens ou les échanger avec un autre qui les utilisera pour acheter des produits canadiens, ce qui stimule notre économie.
Le problème,c’est qu’il y a une diabolisation de achats non locaux qui est bien pire que les campagne anti-protectioniste. Des gens vont manipuler pour avoir des lois protectionistes. Ce que décrit l’article de Métro, c’est la réalité de la stupidité des idées d’achat locaux.
L’achat local, c’est une affaire qui a débutée dans la très « verte » Californie, l’idée, c’était de diminuer à tout prix le carbon footprint d’un produit alimentaire ou autre et du même coup préserver les réserves de pétrole de la planète…
Le principe de l’achat local, c’est l’inverse du principe Wal Mart, où les coûts élevés du transport sont compensés par les bas salaires payés en Orient (Chine et Inde)…
Vous remarquerez que les prix des vêtements fabriqués en Inde vendus sur nos marchés sont élevés pour une qualité qui est plus souvent qu’autrement moindre… Les seuls qui profitent de l’achat en Inde sont les intermédiaires qui empochent de plus grosses marges bénéficiaires, car les mark ups sur les vêtements sont élevés…
On pourrait dire la même chose des produits fabriqués en Chine, c’est de la pacotille et des produits bas de gamme, presque du « prêt à jeter »…
Si les devises se doivent d’être dépensées ici en retour, que se passe-t-il lors d’une balance commerciale négative?
Où tout cet argent passe-t-il si les États-Unis par exemple dépensent 1000 milliards à l’extérieur, mais qu’on achète seulement pour 100 milliards de produits américains?
Encore des mensonges gauchistes. Si c’était vrai, les gens ne les achéteraient pas…
Cette argent est réinvesti aux États-unis par l’intermédiaire des banques local. IBM a vendu sa division PC a la chinoise Luenovo. Cet argent a été ré-investi dans l’économie locale. Elle sert aussi de réserve dans les différentes banques centrales. Tôt ou tard, cet argent reviendra dans le système. CQFD!
Une diabolisation orchestrée par des hypocrites, tout le monde sait bien que les jouets et l’électronique sont asiatiques.
Le protectionnisme est stupide, l’idée d’acheter local non et je suis navré de lire ce genre d’idées préconçues. Encore une fois, acheter des légumes du coin… c’est souvent un gage de fraîcheur. Le pain que j’achète c’est chez le boulanger du coin. L’idée d’achat local n’est pas stupide, ce qui est stupide c’est d’en faire une politique globale. Ne mélangez pas tout svp.
Et l’auteur fait heureusement cette distinction.
L’achat local a commencé quand on n’avait pas de bons moyens de transports (donc… bah dès l’invention de la monnaie). L’échange est venu en même temps. Donc y’a pas vraiment de début à l’achat local.
@Solon
C’est effectivement un peu trop extrêmiste comme propos, mais nos pays se sont clairement spécialisés dans le haut de gamme, luxe, etc. Pour l’instant.
@Solon
Pas tout à fait… j’ai déjà travaillé au prix de revient d’une manufacture de vêtements… Un veston fabriqué à Montréal chez Meritt Clothing était vendu à Eaton pour 25 dollars qui le revendait à 100 dollars dans ses magasins (400% plus cher)…
Au point de départ, ce veston d’habit coûtait à peine plus de 10 dollars à fabriquer, Merritt prenait un markup de 100% pour couvrir ses frais indirects et sa marge bénéficiaire…
L’achat en Inde ne se justifie que par l’appât du gain… Allez chez Moore voir un veston semblable, les tissus sont minces, les coutures sont à peine acceptables et les prix aux consommateurs sont exorbitants, considérant les prix de gros dans ce secteur…
@ XavierQC
Excellente question! Alors je te répond par une autre question: Pourquoi crois-tu que les chinois détiennent près d’un billion (trillion en anglais) de bons du trésor américain?
C’est bien l’appât du gain. Ça permet aux consommateurs de faire des économies:
Voici l’évolution de l’indice des prix à la consommation pour l’ensemble des biens et pour les vêtements entre 1992 et 2008:
La diminution graduelle des quotas et leur abandon complet à partir de l’année 2005 ont permis non seulement de contrer l’augmentation du prix des vêtements, mais d’en diminuer le coût réel. Alors que les pressions inflationnistes font en sorte que presque tous les biens de consommation voient leur prix augmenté, depuis 2002, des pressions déflationnistes ont fait diminuer le prix nos vêtements.
On peut bien sûr déplorer les nombreuses mises à pied dans l’industrie du textile au Canada. Mais on devrait aussi se réjouir des économies substantielles réalisées depuis l’abandon des mesures protectionnistes. L’argent épargné par les millions de Canadiens achetant des vêtements compense pour les quelques milliers d’emplois perdus.
Évidemment, on paie pour ce que l’on a et pour l’utilisation que l’on veut faire. Bien entendu, je m’attend pas d’aller chez Moores et d’avoir quelque chose comme chez Holt Renfrew ou Ogilvy. Cependant, si je veux avoir un complet qui je vais utiliser de manière sporadique, le rapport qualité/prix de Moores est pas si mal.
Soit dit, rien à dire que rien n’est plus important d’être un bon consommateur, car il est bien possible de faire de bonnes affaires avec les magasins soldés (factory outlets) ou les dépôts du fabriquant. C’est souvent avec des surplus d’inventaire que l’on peut vraiment avoir un excellent rapport qualité/prix sur du haut de gamme.
À propos de l’achat local, je dois dire qu’il y a beaucoup de désinformation à ce sujet car il arrive souvent qu’un produit qui a été produit »localement » a été conçu dans plusieurs pays. Prenez l’exemple d’un livre, il va être édité au Canada, imprimé à Singapour et cela avec de l’encre venant de la Corée du Sud.
L’achat local existait dans le temps où que l’homme avait seulement la marche à pied comme moyen de transport. Dès que l’être humain a su domestiquer le cheval et utiliser des bateaux, l’échange international est venu et cela depuis plus de 3000 ans.