ADQQu'est-ce qui pousse une personne à s'impliquer en politique ?  C'est l'attrait du pouvoir ou le désir de faire la promotion de certains principes.  Lorsque l'on regarde le paysage politique au Québec par les temps qui courent, la première option semble être la plus en vogue.  C'est particulièrement vrai lorsqu'on regarde la course à la chefferie de l'ADQ.

Ce qui me frappe le plus chez une majorité de candidats qui se fait la lutte pour prendre la relève de Mario Dumont, c'est leur fixation sur le chemin que doit prendre l'ADQ pour accéder rapidement au pouvoir.  Il n'y a plus de gauche ni droite, ce qui importe c'est de trouver le discours qui sera le plus susceptible de gagner facilement des votes.

Soyons réalistes,  je ne vois pas le jour ou le premier ministre du Québec sera adéquiste.  L'ADQ aura beau réaligner son discours et sacrifier certains de ses principes pour devenir plus "mainstream", ce parti ne sera jamais en mesure de se faire une place dans cette niche qui est déjà occupée par le PLQ et le PQ.

Quel avenir pour l'ADQ si ce parti ne peut accéder au pouvoir à court et à moyen terme ?

Au lieu de diluer son discours, l'ADQ devrait plutôt défendre des principes droitistes/libertariens clairs qui sortent du cadre politique actuel.  Pour la droite, tout est à faire au Québec.  Il y a un énorme travail de défrichage et d'éducation à réaliser auprès de l'électorat pour démolir la caricature gauchiste de la pensée droitiste/libertarienne.  On ne brisera pas les 40 ans d'endoctrinement au modèle québécois en 1 jour. Mais il est tellement plus facile et sécuritaire pour un politicien d'adhérer au discours de la pensée unique.

L'ADQ doit d'abord construire une masse critique correspondant à 15-20% de la population.  Cette masse critique mettra une pression sur le PLQ et le PQ qui, dans la mesure où ils seront toujours nez à nez, seront tentés d'inclure dans leur programme des éléments droitistes/libertariens pour séduire cette frange non négligeable de l'électorat. L'ADQ n'a pas besoin de prendre le pouvoir pour avoir une influence sur la scène politique provinciale.  Mario Dumont a été capable de brasser la cage à l'Assemblé Nationale même s'il était le seul député élu de sa formation.  À long terme, ce travail d'éducation finira par payer, le discours l'ADQ deviendra "mainstream" et la formation pourrait être en mesure d'accéder au pouvoir en misant sur une base électorale qui reposera sur du granit et non pas sur de la glaise.

Ce genre de stratégie signifie un long séjour dans l'opposition, mais le développement durable de l'ADQ ne passe pas par des compromis faciles qui transformeraient ce parti en clone du PLQ ou du PQ.  Le futur de cette formation politique passe par un travail de longue haleine pour expliquer à la population comment on peut faire les choses autrement.