Radio-CanadaVendredi dernier sur les ondes de la radio de Radio-Canada, on s'est demandé si l'on devait réglementer le salaire des patrons.

La discussion a débuté avec une entrevue téléphonique pré-enregistrée de Michel Kelly-Gagnon, président de l'Institut Économique de Montréal.

Ensuite, on a enchaîné avec Claude Béland, président du Mouvement d'Éducation et de Défense des Actionnaires.  Ce dernier étant interviewé en direct, il a donc eu l'avantage d'entendre l'entrevue du président de l'Institut Économique de Montréal.  Ainsi, profitant des questions complaisantes de l'animateur, Claude Béland a pu attaquer les arguments de Michel Kelly-Gagnon sans que ce dernier puisse riposter.

Radio-Canada vous dira qu'en donnant la parole à un libertarien et à un socialiste, elle a fait preuve de neutralité.  Mais dans la pratique, un avantage indéniable a été donné au représentant de la gauche.  En faisant entendre l'entrevue de Michel Kelly-Gagnon à Claude Béland, le représentant de la gauche a non seulement pu profiter d'un droit de réplique, mais il a pu s'exécuter sans craindre la riposte de son opposant qui était absent.  Aucun de ces avantages n'a été donné au représentant de la droite.

Profitant de l'absence d'un opposant, Claude Béland a critiqué Michel Kelly-Gagnon avec des arguments d'une incroyable faiblesse.  Par exemple, il a fait valoir que les "petits" actionnaires avaient très peu de pouvoir pour limiter les salaires des dirigeants d'une entreprise.  Claude Béland aurait-il oublié que personne n'est obligé de devenir actionnaire d'une compagnie ?  Si une personne n'est pas d'accord avec la politique de rémunération d'une entreprise, elle peut décider de ne pas acheter d'actions.  Si suffisamment de personnes ont le même raisonnement, la valeur de l'entreprise sur les marchés boursiers diminuera, envoyant ainsi un signal à la direction.

Je suis écoeuré de voir l'argent de mes taxes être utilisé pour défendre des idées auxquelles je ne souscris pas.