La semaine dernière nous avons vu que la déréglementation, qui a été désignée par les médias comme étant responsable de la crise, n’est qu’un mythe (ici, ici & ici). Cette semaine nous verrons que c’est plutôt la réglementation qui a amené le système financier américain au bord du gouffre.

Cette semaine, j'ai publié 2 billets (ici & ici) montrant comment l'imposante réglementation adoptée par le gouvernement américain, sous prétexte de lutter contre la discrimination, a joué un rôle dans le déclenchement de la crise en incitant, voire en obligeant, les banques à donner du crédit à des gens insolvables.

De manière très concrète, voici comment l'État a imposé sa volonté aux banques.

Dans cet article datant de 1998, on apprend que le Department of Housing and Urban Development est parvenu à une entente hors cours avec Accubanc Mortgage Corporation, une banque du Texas qui avait été accusée de pratiques discriminatoires dans l'attribution de ses prêts hypothécaires.

En vertu de cette entente, "Accubanc Mortgage Corporation" a accepté de verser une pénalité 2,8 milliards de dollars (constants) en prêts hypothécaires à des gens qui avaient préalablement refusé.

Voici comment Andrew Cuomo, le secrétaire du "Department of Housing and Urban Development" a expliqué cette décision en 1998:

CUOMO: To take a greater risk on these mortgages, yes. To give families mortgages that they would not have given otherwise, yes.

QUESTION:
[unintellible] … that they would not have given the loans at all?

CUOMO: They would not have qualified but for this affirmative action on the part of the bank, yes.

QUESTION: Are minorities represented in that low and moderate income group?

CUOMO:
It is by income, and is it also by minorities? Yes.

CUOMO: With the 2.1 billion, lending that amount in mortgages — which will be a higher risk, and I’m sure there will be a higher default rate on those mortgages than on the rest of the portfolio.

Le message envoyé par les autorités réglementaires en place à Washington était clair: les banques doivent consentir des prêts aux groupes minoritaires mêmes si ces gens présentent un plus grand risque pour le créancier.

Bref, au lieu de laisser le libre-marché dicter aux banques le niveau de risque acceptable lors de l'attribution d'un prêt hypothécaire, le gouvernement a décidé d'imposer aux institutions financières un modèle de gestion du risque qui n'était pas soutenable.

On se rend rapidement compte que les lois "anti-discriminations" n’ont pas été adoptées pour réparer des injustices, on a plutôt forcé les banques à prendre des risques inconsidérés pour que des politiciens puissent racoler des électeurs.

Ainsi est né le subprime; ainsi a débuté la crise…

Ce n'est pas le capitalisme qui a failli, c'est l'interventionnisme de l'État.