George St-PierreAu Québec, les combats d'arts martiaux mixtes étaient légaux depuis 9 ans. J'ai eu la chance de côtoyer d'assez près ce milieu au début des années 2000, cela m'a permis d'être témoin des débuts professionnels de George St-Pierre qui est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs combattants livre pour livre de la planète.

Durant ces 9 années, où la "Régie des alcools, des courses et des jeux" sanctionnait les combats d'arts martiaux mixtes, le sport a beaucoup gagné en maturité et en popularité pour finalement connaître son apogée le 19 avril 2008 quand le "Ultimate Fighting Championship" (UFC) s'est amené à Montréal.  Dans un Centre Bell rempli à pleine capacité, George St-Pierre a pu défendre son titre de champion mondial des mi-moyens devant son public.

Lors de ce premier gala du UFC à Montréal, les 21 000 billets disponibles ont trouvé preneur en moins 24 heures, un record pour l'organisation.  Dana White, le patron du UFC a été tellement impressionné par l'enthousiasme des fans, qu'il a fait la promesse de répéter l'expérience.

L'UFC devait revenir le 18 avril 2009, plus 13 000 billets avaient été vendus en pré-vente.  Malgré la grande popularité de l'événement, il se peut qu'il soit annulé.  Pourquoi ?  Parce qu'après 9 ans, de minables fonctionnaires de la "Régie des alcools, des courses et des jeux" ont décidé, sur un coup de tête, de ne plus sanctionner les combats d'arts martiaux mixtes.

Montréal avait la chance de présenter un événement majeur, attirant des milliers de spectateurs, qui était diffusé partout sur la planète et qui ne demandait aucune subvention.  Mais il semble bien que des fonctionnaires obtus ont décidé de…  voler le show.

La plus grande tragédie dans toute cette histoire c'est que cette possible annulation se déroule dans l'anonymat quasi total.  Quand un gala de boxe se déroule à Montréal, on peine à remplir le Centre Bell malgré l'énorme couverture médiatique.  Mais quand Montréal est sur le point de perdre un événement qui surpasse en tout point ceux présentés par nos promoteurs de boxe, c'est le silence.  Ce n'est pas comme si la moribonde ville de Montréal avait le luxe de se passer d'un événement aussi populaire que l'UFC.

Et plus fondamentalement, on peut se questionner sur l'utilité de la "Régie des alcools, des courses et des jeux".  Quand l'UFC se produit en Europe, il n'y a aucune régie pour réglementer ses événements.