Bullshiter les gens c'est un art et les "artistes" québécois excellent dans cette discipline même s'ils ne sont pas subventionnés.  Hier matin, Raymond Legault, président de l'Union des artistes, a déclaré le plus sérieusement du monde que les retombées économiques de l'industrie culturelle étaient deux fois plus élevées que celle de l'extraction du pétrole et du gaz…  Si la culture génère autant d'argent, voulez-vous me dire pourquoi ils ont besoin de subventions ?

Voici des chiffres que les artistes et les médias vous cachent…

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L'Alberta est la province qui subventionne le moins, mais où les gens dépensent le plus.  Le Québec est la province qui subventionne le plus, mais où les gens dépensent le moins.

Les Québécois consacrent en moyenne 2,9% de leur budget à la culture. C’est le pourcentage le moins élevé de toutes les provinces canadiennes.  Les 5,1 milliards dépensés par les Québécois pour la culture sont 2 fois plus élevés que les 2,3 milliards de subventions versées au Québec par tous les paliers de gouvernement.  C’est là le rapport dépenses/subvention le moins élevé de toutes les provinces.

Les Albertains consacrent en moyenne 3,3% de leur budget à la culture.  C’est le deuxième pourcentage le plus élevé de toutes les provinces canadiennes.  Les 3,0 milliards dépensés par les Albertains pour la culture sont presque 6 fois plus élevés que les 540 millions de subventions versées en Alberta par tous les paliers de gouvernement.  C’est là le rapport dépenses/subvention le plus élevé de toutes les provinces.

Voici les ratios dépenses/subventions de toutes les provinces:

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Pour terminer…

L'Actualité
Rodéo culturel
L’Actualité, no. Vol: 31 No: 8

Les pétromillionnaires d’Alberta commencent à jouer les mécènes avec les artistes. Musées, théâtres, restaurants poussent à Calgary comme des champignons. Une rivale pour Toronto?

Soirée de gala au Grand Theatre de Calgary, le 4 mars dernier. Plus de 500 personnes sont venues célébrer la réouverture de cet établissement presque centenaire, qui a déjà accueilli Sarah Bernhardt, les Marx Brothers et Fred Astaire. Les serveurs font circuler les canapés à travers le foyer bruyant, où se mêlent danseuses du ventre et travestis, nouveaux riches et membres de l’establishment. Le coeur est d’autant plus à la fête que le prix du pétrole caracole vers des sommets historiques.

Comme tout ce qui voit le jour à Calgary ces temps-ci, la rénovation du Grand a bénéficié d’une généreuse injection de pétrodollars: le premier don d’entreprise (une somme de 400 000 dollars) est venu de Total E&P Canada – une filiale du groupe énergétique français. En tout, le directeur artistique Mark Lawes a réussi à collecter plus de 12 millions en fonds privés. Il a ainsi pu retenir les services de Trizart Alliance, société montréalaise de scénographes-conseils qui travaille avec le Cirque du Soleil. Le théâtre de 400 places, complètement transformé après avoir servi de centre de golf intérieur pendant des années, est maintenant doté de gradins mobiles et d’une scène modulaire.

Cette métamorphose radicale est à l’image de celle que vit en ce moment Calgary. […]

Cela s’avère certainement pour le milieu culturel, dont les subventions sont gelées depuis 1988. Par conséquent, les artistes ont dû apprendre à parler le langage des affaires et à créer des partenariats public-privé, qui sont aujourd’hui cités comme des modèles du genre. "Les dirigeants d’entreprise sont prêts à nous aider parce qu’ils sont déjà passés par la recherche de financement, dit Bob White, directeur artistique de la compagnie Alberta Theatre Projects. Ils sont habitués à prendre des risques pour une idée en laquelle ils croient. Et puis la plupart d’entre eux voyagent aux quatre coins de la planète: ils comprennent qu’une ville ne peut être dynamique sans vie culturelle."

Lance Carlson, président du Collège d’art et de design de l’Alberta, a fondé l’an dernier un institut qui tente d’entamer un dialogue avec les entreprises cherchant des solutions créatives à leurs problèmes de tout ordre. Xerox, Exxon et la Fondation RBC se sont empressées de lui offrir un appui financier.

À la compagnie Alberta Ballet, le Québécois Jean Grand-Maître, directeur artistique depuis 2002, essaie quant à lui de rendre la danse plus accessible à la population. "Calgary est encore une ville commerciale, dit-il. Le défi ici est d’intégrer les arts et la culture à la vie de tous les jours." Voilà pourquoi un de ses projets puise à même la riche tradition orale de l’Ouest, qu’il compare à celle du Québec. "Une culture vivante est une culture ancrée dans le folklore", dit-il.

"Héritage" est un mot qu’on entend de plus en plus souvent à Calgary ces temps-ci – surtout depuis que la province, libre de dette, engrange des surplus. "À quoi doit servir tout cet argent? s’interroge Bob White. Il y a des limites à ce qu’on peut acheter. Il est plus important de nous demander quel genre de vie nous léguerons à nos enfants."

Le fait que la fortune de la ville soit liée à une ressource non renouvelable rend la question d’autant plus urgente. Nombreux sont ceux qui, plutôt que de s’asseoir sur leurs lauriers financiers, s’activent à collecter des fonds pour divers projets éducatifs. "Je ne connais pas un seul milliardaire à Calgary qui ne travaille pas, dit l’homme d’affaires George Gosbee. Ces gens-là pourraient prendre leur retraite demain matin et aller vivre ailleurs, mais ils préfèrent rester ici et trouver d’autres moyens de contribuer à la collectivité."

Source:
Hill Strategies
Les dépenses de consommation au chapitre de la culture en 2005 pour le Canada, les provinces et 15 régions métropolitaines