Pourquoi les Québécois sont-ils aussi arriérés quand vient le temps de parler d'économie ? Une partie de la faute est attribuable à l'ignorance des journalistes couvrant les dossiers économiques.
Prenons par exemple Gérald Fillion, le "spécialiste" des affaires économiques pour Radio-Canada. Cette semaine Gérald Fillion a déversé son fiel sur les spéculateurs qu'il accuse d'être responsables de la déstabilisation des marchés (ici et ici). Par conséquent, Fillion pense que les États devraient interdire la spéculation sur certains produits.
Pourtant, il n'existe aucune évidence que la spéculation est responsable des variations brutales de prix. Au contraire, les spéculateurs permettent une stabilisation des marchés. Pour preuve, voici deux exemples où la spéculation a été interdite:

Je vous cite le résumé d'un article paru dans le journal économique "Explorations in Economic History":
Populists versus theorists: Futures markets and the volatility of pricesIn this paper, the divergence between popular and professional opinion on speculation in general and futures markets in particular is explored. Along the way, a synopsis of prevailing popular attitudes on futures markets is presented, and an outline of a formal model of futures markets and its implications for commodity price volatility are sketched. The heart of the analysis is drawn from the historical record on the establishment and prohibition of futures markets. Briefly, the results presented in this paper strongly suggest that futures markets were associated with—and most likely caused—lower commodity price volatility.
Think with your brain rather than with your heart !





















Humm… Je ne trouve pas que le billet de Gérald Fillion soit très solide. Il ouvre la marche en utilisant le grand savoir de son oncle connaissant Robert comme valeur de référence.
Je commence à croire qu’il fait parti des gens préférant prendre pour des vérités les discours de quelques marginaux qui s’improvisent experts d’un sujet.
a) petite note (que l’on pourra retirer du commentaire ensuite): ignorance s’écrit avec un ‘a’ et non un ‘e’ à la fin.
b) donnons à César ce qui lui revient: confronté à la réalité, pour une fois Richard Hétu vient d’avouer que l’économie américaine n’est pas en récession. Mieux vaut tard que jamais…
Petite coquille dans ton titre David. Ce devrait être « ignorance » et non « ignorence »
Bye bye, bon après-midi
Ça va peut-être te surprendre David mais cette fois je suis 100% d’accord avec ton billet.
J’aimerais par contre que tu éclaircisses les impacts des petits spéculateurs versus les gros joueurs qui peuvent se permettre d’acheter une récolte complète par exemple et ainsi créer de la rareté (hausse de prix par le fait même).
Personne ne parle des spéculateurs qui faisaient baisser le prix du baril dans les années 90s. L’OPEC n’arrêtait pas de s’en plaindre, surtout les Saoudiens.
FrancisD :
Bien-sûr que non… pour la gauche c’est toujours bien important d’avoir le beurre et l’argent du beurre et ce gratuitement, sans efforts.
Donc ce n’est pas suffisant que les specs aient travaillé à leur avantage évident dans le passé. Faut qu’ils travaillent toujours à leur avantage direct et visible gros comme le bras. Sans quoi ils ne sont bons qu’à être flingués « Lenine-fashioned ».
Cette affirmation me fait tiquer.
Si les Québécois ont besoin de journalistes pour comprendre quelque chose, on n’est pas sortis du bois.
Les journalistes écrivent, voilà tout, et dans le cadre d’un travail, au sein d’une organisation privée ayant des intérêts particuliers. Ils n’ont certainement pas le devoir d’éduquer la société. C’est leur mettre une lourde responsabilité sur les épaules.
Ce n’est pas la première fois que tu démontres que Gérald Fillion est un amateur en économie. Il faut continuer à le surveiller! Merci!
On pourrait faire la même chose avec le supposément expert en informatique, Bruno gugu machin…
@c.j.
Rapporter les faits (raison d’être des journalistes) n’est pas une forme d’éducation du public?
Ha bon…
De plus, l’éthique journalistique demande aux membre de la profession d’être indépendants afin de rapporter les faits de manière neutre.
Les journalistes qui se plient à des exigences de leur patrons font une entorse à l’éthique de leur profession. C’est tout le point du billet.
Il y a une différence entre être malhonnête (neutralité, éthique, etc) et connaître ce dont on parle.
Je ne me suis jamais fiée aux journalistes pour être éduquée.
Les deux exemples cités en « preuve » m’apparaissent extrêmement minces. En effet, le premier couvre une section très limitée du spectre économique, surtout du point de vue temporel (il y a 50 ans), et l’autre exemple est pire encore car il date de plus de 100 ans. La discussion sur le blogue de Fillion me semble apporter plus de poids à la thèse voulant que la spéculation sur le très court terme apporte une distorsion dans le marché, non-compatible avec une saine auto-régulation par l’offre et la demande.
Un des participants lui-même avoue avoir trouvé par programmation une statégie très payante, et ajoute candidement:
« je suis conscient que mon programme accentue les mouvements erratiques (et le possible dérapage) du système financier, mais que faire? C’est mon emploi, et je l’aime bien ».
Je crois personnellement que, à cause de la nature humaine foncièrement égoïste et un brin malhonnête, le marché économique mondial non-régulé génèrera à terme de très grandes inégalités et un retour à des classes sociales telles qu’elles existaient dans les temps féodaux. Ça semble catastrophiste, mais on en voit déjà les prémisses.
Je crois qu’un État assez fort, avec l’information circulant librement et des individus bien éduqués et responsables (permettant des élections vraiment libres), est plus juste que les individus le composant pris séparément.
Je sais bien que la composante « bien éduqués et repsonsables » est le point faible dans mon équation, mais on peut y arriver avec un bon système scolaire complètement ouvert à tous, qu’on soit nés pauvres ou riches.
Utopie? Peut-être, mais y tendre serait déjà très bien.