"Enlevez à Obama, écrit Guy Millière, l'onctuosité du prêcheur ou du gourou, et vous trouverez un discours assez nettement pacifiste et défaitiste à la Jimmy Carter"

Le Quotidien
Et si Barack Obama était élu président?
Jacques Brassard (Chronique: mercredi, 11 juin 2008, p. 11)

En 2004, si les Québécois, ainsi que les Français et la plupart des Occidentaux, avaient eu le droit de vote au élections présidentielles américaines, ils auraient choisi quasi unanimement John Kerry. En 2008, ils éliraient haut la main Barack Obama.

Comment expliquer cette bizarre antinomie entre le comportement électoral (hypothétique, bien sûr) des Québécois et celui des électeurs américains? À mon sens, elle vient du fait – avéré par des sondages – que plus de 80 % des journalistes, reporters, commentateurs, experts en tous genres, qui s'activent dans les médias, se situent à gauche du spectre politique et se perçoivent comme des "progressistes".

Par conséquent, lorsqu'ils traitent de l'élection présidentielle américaine, le réflexe gauchisant et l'adhésion à la mythologie de gauche (paix, progrès, égalité, solidarité) font en sorte, qu'à chaque jour, ils inoculent subtilement ou sans ambages dans l'esprit des gens leurs préférences et leurs prédilections.

Les démocrates en état de grâce

C'est ainsi que, forcément, entre les deux grands partis politiques américains, seul le Parti démocrate trouve grâce aux yeux des médias québécois. C'est le parti étatiste (ils disent progressiste) et pacifiste de la démocratie américaine. Il abrite l'extrême-gauche artistique (du genre Sean Penn) et intellectuel (style Michael Moore). Voilà un parti fréquentable aux yeux de la caste médiatique.

Le Parti républicain, lui, est vu comme celui des néo-conservateurs, des faucons, des bouseux de l'Amérique profonde et des Chrétiens pratiquants. Le mépris qu'il inspire aux artistes et intellos du Québec imbibe, il va sans dire, les articles, reportages et commentaires.

Dans un tel contexte, on comprend bien pourquoi Barack Obama serait plébiscité par les Québécois, si on leur donnait le droit de vote. Il est jeune, bon orateur et c'est probablement le candidat démocrate présidentiel le plus à gauche de toute l'histoire des États-Unis. Mais, aussi, le plus inexpérimenté, le plus dangereux pour l'avenir de l'Occident. "Enlevez à Obama, écrit Guy Millière, l'onctuosité du prêcheur ou du gourou, et vous trouverez un discours assez nettement pacifiste et défaitiste à la Jimmy Carter, des propositions de politique intérieure reposant sur la hausse des taxes et des impôts et sur un accroissement de la redistribution." À gauche, toute!

Le "bourbier irakien"

Le pacifisme d'Obama est proprement irresponsable. Aussitôt élu, il s'empresserait de ramener les troupes d'Irak, ce qui laisserait le champ libre aux tueurs d'Al-Qaïda, pourtant durement amochés depuis quelques mois. Surtout, ce serait permettre à l'Iran de faire main-basse sur l'Irak. Avez-vous remarqué que Pierre Bruno et Bernard Derome ont cessé de nous casser les oreilles avec la métaphore du "bourbier irakien"? Et pour cause! Depuis un an, la situation en Irak s'est considérablement améliorée. Les nombre des victimes civils a baissé de 80 % et les attentats à la bombe de 81 %.

Surtout, l'armée irakienne est en train de prendre la relève des Américains et mène avec succès des opérations contre Al-Qaïda et l'armée du Madhi. D'ailleurs, ce sont de véritables raclées qui leur sont infligées, ce dont les médias oublient, comme par hasard, de nous informer. La "capitulation par le sauve-qui-peut", proposée par le mal avisé sénateur de l''llinois, donnerait une victoire inespérée aux islamo-fascistes.

Le naïf et inconséquent Obama va encore plus loin dans la reddition tranquille. Il entend, s'il est élu, "rencontrer séparément et sans pré-condition les dirigeants de l'Iran, de la Syrie, du Venezuela, de Cuba et de la Corée du Nord". Comme si blablater avec le nazillon de Téhéran et le pitre de Caracas pouvait faire surgir miraculeusement la Paix et l'Harmonie!

Il est pourtant évident, par exemple, qu'avec la Théocratie des Mollahs, qui sera bientôt dotée de l'arme nucléaire, les causettes avec l'Europe n'ont rien donné, que le prochain Président devra sans doute autoriser le bombardement des installations nucléaires de l'Iran.

C'est ce qu'Israël a déjà fait avec un site nucléaire irakien et, tout récemment, avec des équipements nucléaires nord-coréens en Syrie. Ce dernier raid, qui fut un succès, constitue une autre preuve de l'extraordinaire efficacité de l'aviation israélienne.

Je suis persuadé (à l'instar du penseur néo-conservateur Norman Podhorestz et de l'expert de l'Islam, Daniel Pipes) que les Américains n'éliront pas un gauchiste (fut-il beau parleur) et un capitulard. Je sais bien que nous sommes peu nombreux à penser ainsi au Québec, mais en 2004, également, nous étions bien peu à prévoir une victoire décisive de George W. Bush.