Bastiat fait relâche cette semaine pour laisser sa place à Jacques Brassard.

"Le pire qui pourrait arriver à l'Occident, ce serait que la plus grande puissance du monde libre se donne un Démocrate comme Président"

Le Quotidien
É.-U. : la vraie liberté campe à droite
Jacques Brassard (Chronique: jeudi, 21 février 2008, p. 11)

Il y a quelque chose de franchement surréaliste dans la couverture médiatique relative aux primaires américaines en vue de l'élection présidentielle qui aura lieu en novembre prochain. Cela nous vient de la forte impression (qui confine à la certitude) instillée dans nos cerveaux par journaux et télés, voulant que nos voisins américains vivent dans un régime de "parti unique". Comme dans la Russie de Staline!

Ils sont vraiment chanceux, ces Américains, de voir ainsi leur sort confié au seul bon, clairvoyant et respectable Parti démocrate, suggère-t-on. Il suffit de lire et d'écouter les médias pour conclure, en effet, que le prochain Président sera démocrate, puisqu'il s'agit seulement, pour les citoyens, de choisir entre un jeune sénateur noir plus ou moins gauchiste et une femme d'âge mûr de la gauche bon chic, bon genre.

Et le Parti républicain, dans cette galère? me direz-vous. Le quoi? Le Parti républicain? C'est très vilain et très mal élevé, vous savez, de prononcer ce nom.

Abomination républicaine

Ne savez-vous donc pas que, selon nos maîtres à penser médiatiques, le Parti républicain, c'est le parti de George W. Bush, le cowboy belliqueux du Texas, le va-t-en-guerre écervelé, le pourfendeur du Protocole de Kyoto et, comble de l'ignominie, l'ami d'Israël! Quelle horreur!

De plus, c'est le parti des chrétiens pratiquants, ces ridicules arriérés de l'Amérique profonde. Quelle abomination! Pire, c'est le parti des néo-conservateurs, ces bizarroïdes trouble-fête qui, comme l'écrivait le philosophe néo-conservateur français, Yves Roucaute, "vouent un culte absolu aux droits individuels et qui croient en un ordre moral d'origine transcendante, au pluralisme politique, au sens des hiérarchies fondées sur les valeurs, au respect des traditions, à la propriété privée". Quelle infamie!

À gauche, toute!

Vous comprenez bien que, comme il est avéré que les journalistes, dans une très grande majorité (ici comme ailleurs en Occident), campent à gauche du spectre politique, seul le Parti démocrate est honorable et fréquentable à leurs yeux. Ce parti qui traîne dans son sillage toutes les coteries gauchiste d'Amérique, particulièrement, celle d'Hollywood (dont ne fait pas partie, heureusement, mon cinéaste préféré, Clint Eastwood).

Alors, forcément, pour tous ces scribes, il tombe sous le sens qu'il n'y a que deux candidats respectables, Barack Obama et Hillary Clinton, pour prendre la tête de la plus grande et de la plus puissante démocratie au monde. On en profite pour se flatter la bedaine comme un bon Pharisien.

"En comparaison, écrit Benoît Aubin, un journaliste chevronné du Journal de Québec – qui nous compare avec des États-Unis plongés dans la barbarie – la planète Québec semble tellement plus vachement post-moderne: socialisante, compatissante et écologique". Vieille homélie sur le thème éculé si cher à nos curés d'autrefois: "Nous sommes civilisés, tandis que vous, les Américains, êtes des sauvages violents et des matérialistes bornés".

Réalisme politique

Le pire qui pourrait arriver à l'Occident, ce serait que la plus grande puissance du monde libre se donne un Démocrate comme Président.

"Le Parti démocrate, écrit Guy Millière, est une formation qui oscille entre des idées vaguement social-démocrates en politique intérieure et un aveuglement volontairement forcené en politique étrangère".

Un Président démocrate, cela signifierait l'affaiblissement du soutien américain à l'État d'Israël, aux prises avec l'antisémitisme démentiel et le terrorisme islamiste qui gangrènent les peuples arabes qui l'encerclent. Ce serait également le rapatriement précipité des troupes d'Irak, alors que, de toute évidence, la stratégie du général Petraeus porte fruit. Le niveau de sécurité augmente et le nombre des attentats a diminué de 80% depuis un an. Ce qui fait, d'ailleurs, que l'on a cessé de nous mitrailler les méninges avec la métaphore archi-usée du "bourbier irakien".

Enfin, cette élection donnerait lieu à une politique de complaisance et de mollesse à l'égard de la théocratie iranienne qui pourrait détenir l'arme nucléaire en 2009.

Entendre Obama promettre que, s'il est élu, il irait copiner avec les dictateurs du Moyen-Orient, dont l'Illuminé de Téhéran, ça évoque l'affligeant acoquinement du britannique Chamberlain et du français Daladier avec Hitler, à Munich, en 1938. L'esprit de Munich plane d'ailleurs encore sur l'Occident!

McCain

Heureusement, il y a le républicain John McCain, authentique héros de guerre, blessé, torturé, et qui a croupi pendant cinq ans dans les geôles vietnamiennes. Son appui à Israël est sans faille.

Il soutient la stratégie du général Petraeus en Irak (il la préconisait longtemps avant qu'elle soit appliquée). Face à l'Iran, il garde l'option militaire sur la table.

Je vous le dis tout net: si j'étais Américain, contrairement, semble-t-il, à la majorité des Québécois, je voterais McCain!