Adam SmithCette semaine a été déposé le "rapport Pronovost" sur la situation de l'agriculture au Québec; la commission a conclu à un appauvrissement du milieu agricole. Malheureusement, le rapport propose un interventionnisme du gouvernement encore plus grand pour lutter contre cette pauvreté…

Pour rendre l'agriculture québécoise plus rentable, on n'avait pas besoin du "rapport Pronovost", une simple lecture de "La richesse des nations" d'Adam Smith aurait permis de résoudre les problèmes de nos agriculteurs.

Dans "La richesse des nations", Adam Smith s'est demandé comment la richesse était créée. Son premier constat: la richesse est générée par la spécialisation de la main-d'oeuvre. Par exemple, une fabrique de chaussures où toutes les étapes de production sont réalisées par un employé va créer moins de richesse qu'une fabrique où la main-d'oeuvre est spécialisée (un employé pour couper le cuir, un second pour faire la couture, un troisième pour poser la semelle).

Ensuite, Smith s'est demandé quel facteur permettait la spécialisation des travailleurs. La réponse: la spécialisation est limitée par la taille du marché. Plus un marché sera gros, plus les ouvriers pourront être spécialisés.

Le lien avec l'agriculture au Québec ? Le système de gestion de l'offre rend impossible les exportations agricoles à l'extérieur du Québec. Résultat: les agriculteurs québécois ont seulement accès à un petit marché. La spécialisation de la main-d'oeuvre est donc plus difficile et moins de richesse est créée.

La survie et la prospérité de l'agriculture au Québec passent par l'abandon du système de la gestion de l'offre, mais le "rapport Pronovost" a plutôt préféré taire cette réalité et prôner une intervention de l'État.

Ce n'est pas pour rien que l'agriculture en Saskatchewan permet à cette province d'avoir une croissance économique record alors qu'au Québec les producteurs laitiers ne peuvent tirer avantage du prix du lait qui a doublé à l'échelle mondiale.