Bastiat fait relâche cette semaine pour laisser sa place à Jacques Brassard.

"En réalité la querelle ne porte pas sur la dimension territoriale d'Israël, mais sur son existence même"

Le Quotidien
Le préjugé pro-palestinien de Radio-Canada
Jacques Brassard (Chronique: mercredi, 6 février 2008, p. 11)

Il m'arrive souvent de constater que Radio-Canada est affligée d'une inclination idéologique ayant pour effet d'occulter où de déformer des éléments essentiels de la réalité. On pourrait définir cette idéologie comme étant de gauche, de style caviar et anti-américaine. Ce qui se traduit, dans les reportages, par un évident parti-pris pour les Démocrates et les écolos bien-pensant américains.

Radio-Canada fait ainsi la promotion de la thèse de la responsabilité humaine du réchauffement climatique. La société d'État s'affiche également comme pro-palestinienne. C'est d'ailleurs ce dernier aspect de son approche qui m'intéresse, ici.

L'émission "Une heure sur Terre", animée par Jean-François Lépine, a fort bien illustré, récemment, ce préjugé propalestinien …et aussi des médias québécois en général.

Il y avait, sur le plateau, un diplomate onusien, Alvaro de Soto, un écrivain français, Marek Halter, et deux porteparole d'un groupe dont j'ignorais l'existence jusqu'à présent appelé PAJU (Palestiniens et Juifs unis).

Ce fut une belle cérémonie de désinformation et de dénigrement d'Israël, le tout sans la moindre perspective historique.

Frontières

C'est ainsi qu'on a laissé croire que le conflit portait essentiellement sur la délimitation des frontières de l'État d'Israël et d'un futur État palestinien. Partant de là, si la paix n'est pas au rendez-vous depuis tant d'années, c'est forcément à cause de l'intransigeance d'Israël. Alors qu'en réalité la querelle ne porte pas sur la dimension territoriale d'Israël, mais sur son existence même. "Sans une acceptation sincère et authentique du droit à l'existence d'un État Juif, écrit Bernard Lewis (un grand spécialiste de l'islam), et comme il existe 22 États arabes et 53 États musulmans, aucune paix ne peut être négociée".

Que dit l'onusien De Soto sur cette question capitale? Il affirme que la reconnaissance préalable du droit à l'existence d'Israël est une condition excessive et insoutenable et que, par conséquent, le gouvernement israélien devrait envisager toutes sortes de concessions à des ennemis dont l'objectif affiché est de "rayer Israël de la carte".

Réfugiés

La réponse de M. de Soto illustre bien l'hostilité permanente de l'ONU envers Israël. En moyenne, 19 résolutions anti-Israël sont adoptées annuellement par l'assemblée générale. Ce parti-pris pro-palestinien se manifeste de façon exemplaire dans le dossier des réfugiés.

Cette question a d'ailleurs été soulevée par le porte-parole palestinien du PAJU. Qu'est-il important de connaître, à ce sujet? Au moment des combats de 1947-48, plus de 700 000 Arabes ont été incités à fuir Israël, le temps, disaient les dirigeants égyptiens, jordaniens et syriens, d'anéantir l'État Juif naissant.

On omet toutefois d'ajouter que, à la même occasion, 800 000 Juifs ont été chassés des pays arabes. Ces derniers expulsés sont devenus, en très grande majorité, des citoyens d'Israël alors que les Arabes ayant quitté ce pays sont devenus des réfugiés permanents.

Entité séparée

Dans les pays arabes encerclant Israël, nous en sommes, aujourd'hui, à la quatrième et cinquième génération de réfugiés. Alors que, partout à travers le monde, les réfugiés s'intègrent à leurs pays d'accueil, au Moyen-Orient, les réfugiés arabes (métamorphosés à partir de 1967 en peuple palestinien) ont un statut immuable, protégé et financé par un office spécial de l'ONU.

Pourquoi ce statut privilégié et unique? Pourquoi cette exception? "La raison de cette anomalie, nous dit Bernard Lewis, a été donnée par divers porte-parole arabes.

Il fallait absolument garder les Palestiniens comme une entité séparée jusqu'à leur retour au foyer afin de réclamer la totalité de la Palestine, d'Israël, de la Cisjordanie et de Gaza. Cela signifie clairement la destruction d'Israël".

Cette réalité historique n'a jamais été mise en lumière par Jean-François Lépine et ses invités. Au contraire, nous avons eu droit à des inepties, comme celle de la "belle jeunesse de Gaza", objet d'admiration de Marek Halter, alors qu'il est de notoriété publique que, pour une bonne part, la jeunesse palestinienne est endoctrinée, fanatisée, qu'elle carbure à la haine et qu'elle voue un culte démentiel à la violence terroriste.

Nous avons eu droit à l'apitoiement théâtral sur l'horrible "prison" de Gaza, alors que l'on sait fort bien que c'est le Hamas et les hordes terroristes qui sont responsables de l'enfermement des Palestiniens. Nous avons eu droit, enfin, à de l'indignation pompeuse au sujet de la barrière de sécurité mise en place par Israël.