Richard Hétu

Si les États-Unis ont été contraint d'envahir l'Irak, c'est un peu beaucoup à cause des pacifistes. Ainsi parlait Richard Hétu le 23 février 2003:

À Washington, le 18 janvier dernier, et à New York samedi dernier, il n'y pas eu, à ma connaissance, un seul orateur, une seule pancarte, pour dire: "Saddam, désarme"; "L'exil plutôt que la guerre"; "Pas de sang pour l'anthrax". Ailleurs dans le monde, la même histoire s'est répétée, selon les reportages journalistiques. Des millions de manifestants antiguerre ont défilé dans les rues sans formuler la moindre demande au président de l'Irak. [...]

C'est comme si le mouvement antiguerre était aux prises avec le phénomène de l'angle mort, cette zone dans laquelle l'observation est rendue impossible. On voit Bush très gros, mais voit-on vraiment Saddam Hussein, qui affame sa population, qui la terrorise, notamment avec ses armes de destruction massive, qui jouent un rôle crucial dans la domination exercée par le dictateur, issu de la minorité sunnite, sur la majorité chiite? Des armes qu'il a déjà utilisées sur les Kurdes, gazant plus de 20 000 d'entre eux…

Quel aurait été l'impact des manifestations de samedi dernier si la moitié des gens avait réclamé que Bagdad se soumette enfin à ses obligations internationales? Le régime irakien aurait-il pu se féliciter de l'émergence d'un "monde multipolaire" au sein duquel Saddam Hussein aurait pour alliés des gens ordinaires qui ne feraient pas de mal à une mouche? C'est triste à dire, mais les manifestations de la semaine dernière nous ont peut-être rapprochés de la guerre.