"Le devoir de l'Occident devrait être indubitable : soutenir et défendre sans réserve l'État d'Israël. Puisqu'il incarne, dans un environnement hostile, toutes les valeurs fondamentales de la civilisation occidentale: état de droit, liberté, démocratie, égalité de l'homme et de la femme, pluralisme politique, droits fondamentaux de la personne."

Le Quotidien
Réflexion sur le sort de la Terre Sainte
Jacques Brassard (Chronique: vendredi, 28 décembre 2007, p. 10)

À l'occasion de Noël, une grande fête chrétienne, n'est-il pas approprié de tourner nos pensées, du moins quelques instants, vers ce qu'on appelle la Terre Sainte, ces hauts lieux que l'on évoque dans nos cantiques –Jérusalem, Bethléem, Nazareth — et où sont nées deux grandes religions monothéistes, le judaïsme et le christianisme.

Or, de nos jours, quel est le sort de la Terre Sainte? Et quel est son destin? Il faut bien malheureusement constater que 60 ans après la naissance d'Israël, le but des peuples et des États arabes qui encerclent la patrie juive est toujours le même: détruire l'État hébreu.

Car il faut bien se rendre à l'évidence : l'objectif poursuivi par toutes les hordes terroristes et les États antisémites du Proche et du Moyen Orient, ce n'est pas de créer un État palestinien qui coexisterait pacifiquement avec l'État israélien. Non, l'objectif, c'est l'anéantissement d'Israël.

Intentions claires

Comment peut-on sérieusement, dans les gazettes et sur les plateaux de télé, d'ici et d'ailleurs, ergoter sur le conflit israélo-palestinien en oubliant ce fait capital, cette intention proclamée sans détour? Lisez la Charte du Hamas, il y est écrit en toutes lettres qu'il ne doit y avoir qu'un seul État pour toute la Palestine, un État arabo-musulman. C'est clair, l'État juif doit être pulvérisé. Et le Djihad Islamique suit la même voie que le Hamas. Et le Hezbollah également. Alors, ceux qui claironnent que la solution au Proche Orient serait que les Israéliens consentent à la création d'un État palestinien, sont dans l'erreur.

Car Israël, dès 1948, avait donné son accord à la mise en place d'un État palestinien. Et cet accord fut constamment réitéré au fil des décennies, mais à la condition que les Palestiniens et les États voisins renoncent au terrorisme et reconnaissent à l'État d'Israël le droit d'exister. Ces conditions n'ont jamais été remplies. Jamais! En quoi la Conférence d'Anapolis– cette surprise-partie surréaliste convoquée par Mme Rice– ferait-elle en sorte que ces conditions seraient soudainement et comme par magie respectées?

L'antisémitisme imprègne de part en part le fondamentalisme musulman. Dans les écoles de Palestine et d'ailleurs, l'exécration des Juifs est enseignée comme une matière scolaire. Les mères des jeunes terroristes qui se font exploser parmi les civils innocents expriment leur joie d'avoir donné naissance à un martyr d'Allah. Le Président de la théocratie iranienne ne cesse de hurler qu'il faut "rayer Israël de la carte" et il annonce que la bombe nucléaire que l'Iran détiendra bientôt aura comme première cible l'État Hébreu.

Dans un tel contexte, le devoir de l'Occident devrait être indubitable : soutenir et défendre sans réserve l'État d'Israël. Puisqu'il incarne, dans un environnement hostile, toutes les valeurs fondamentales de la civilisation occidentale : état de droit, liberté, démocratie, égalité de l'homme et de la femme, pluralisme politique, droits fondamentaux de la personne.

D'ailleurs, il convient de rappeler que les deux millions d'arabes qui vivent en Israël sont des citoyens à part entière, détenteurs de tous les droits et de toutes les libertés du citoyen. Et n'oublions pas que le judaïsme et l'éthique biblique sont indissolublement liés au christianisme.

Devoir de solidarité

Quand on observe le comportement des pays occidentaux à l'égard d'Israël, il est loin d'être certain que ce devoir de solidarité envers l'État juif est assumé dans toute sa plénitude. L'Europe est en voie d'islamisation. Et même aux États-Unis, allié indéfectible du peuple d'Israël, le défaitisme et le goût de la reddition se propagent.

Ici, chez nous, au Québec, la classe politique et les médias sont largement contaminés par la propagande palestinienne qui a réussi à faire du Palestinien la figure emblématique de l'opprimé et à faire croire que la misère et la détresse des Arabes de Palestine sont le fruit de la malveillance et de la cruauté des Juifs alors que les conditions lamentables dans lesquelles ils croupissent s'expliquent par le choix qu'ils ont fait dès le départ –il y a 60 ans– de réduire à néant l'État d'Israël plutôt que se doter de leur propre État vivant en paix avec son voisin.

Israël a le devoir de lutter sans faiblir pour exister. Et l'Occident tout entier a le devoir d'être solidaire de ce combat.