"Quel est donc le crime abominable perpétré par le chef du gouvernement canadien? C'est tout simplement d'avoir osé dire la vérité"

Le Quotidien
Harper a raison à cent pour cent
Jacques Brassard (Actualités, mercredi, 19 décembre 2007, p. 11)

Par les temps qui courent, Stephen Harper fait figure du baudet dans la nouvelle fable contemporaine de la "Terre malade d'un coup de chaleur". C'est lui, le "pelé, le galeux, d'où vient tout le mal". Imaginez! Le Premier ministre du Canada a eu l'outrecuidance et la légèreté de dire publiquement que le Protocole de Kyoto était une erreur qu'il ne fallait pas répéter. Comme dans la fable de La Fontaine, "sa peccadille fut jugée un cas pendable" par toutes les espèces de la ménagerie politique et par toute la prêtraille verdoyante d'un océan à l'autre. Et M. Harper ne devait surtout pas se pointer à la grand-messe de Bali, car il aurait été, comme le baudet de la fable, écorché vif par les Kyotiens en furie.

Quel est donc le crime abominable perpétré par le chef du gouvernement canadien? C'est tout simplement d'avoir osé dire la vérité, comme l'âne dans "Les Animaux malades de la Peste".

Les cibles de réduction de gaz à effet de serre, imposées par Kyoto à certains pays signataires, n'ont pas été atteintes, a naïvement déclaré M. Harper, parce qu'aucun de ces États n'a osé stopper la croissance économique. Et si, poursuit le Premier ministre, il doit y avoir de nouvelles contraintes dans un éventuel Kyoto II, elles doivent s'appliquer à tous les pays de la planète, pas uniquement aux pays occidentaux.

Cadre rationnel

M. Harper ne fait pourtant que placer dans un cadre rationnel et logique les objectifs, les voies et les moyens de Kyoto.

Établissons l'hypothèse que les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine provoquent une hausse de température. Notez bien qu'il s'agit d'une hypothèse, d'une théorie dont la preuve est pour le moment scientifiquement inexistante. Au contraire, de plus en plus de travaux et de recherches scientifiques démontrent qu'un gaz (en l'occurrence le CO2), qui ne constitue que 0,035 % de la composition de l'atmosphère, ne détermine pas le climat et n'en est pas le principal moteur.

Quand on sait que la contribution humaine en CO2 n'est que de 5 % de ce 0,035 %, on reste médusé devant le dérapage carbocentriste d'une partie notable – seulement une partie – de la communauté scientifique.

Poursuivons dans notre hypothèse voulant que les humains, par leurs activités, causent un réchauffement planétaire. Il convient alors d'affirmer, en toute logique, que tous les pays sans exception doivent être soumis à des contraintes de réduction de gaz à effet de serre. Kyoto I, qui n'obligeait que les pays développés – sauf les États-Unis, qui ont eu la sagesse de ne pas le ratifier – n'a rien donné. Ce fut un échec. Mais, comme dans le célèbre conte ou personne n'ose dire que le roi est sans vêtements, à l'exception d'un petit page qui s'écrie en toute simplicité: "Le roi est nu!", M. Harper scandalise tout le monde en disant: "Kyoto est une erreur !"

Pensée magique

Kyoto est un songe-creux; Kyoto, c'est de la pensée magique!

Kyoto II n'aura pas plus d'effets si tous les pays émetteurs – et non pas pollueurs comme nous le rabâchent ad nauseam les médias domestiqués – ne sont pas assujettis à des contraintes chiffrés. Tous les croyants du réchauffement anthropique devraient adhérer à cette logique. Au lieu de cela, on lapide le messager.

M. Harper est même traité par le bloquiste Bernard Bigras (un écolo intégriste) de "criminel environnemental". Démentiel! Et l'Assemblée nationale, de son côté, fustige avec ferveur le Premier ministre fédéral.

La palme de la déclaration la plus idiote revient à Stéphane Dion. "Il faut donner l'exemple!" proclame bêtement le chef libéral. Les trois plus grands émetteurs de gaz à effet de serre – pas pollueurs, je le répète, la pollution étant autre chose – que sont les États-Unis, l'Inde et la Chine, refusent, avec raison d'ailleurs, des cibles précises de réduction. Mais, c'est pas grave, le Canada se doit d'être exemplaire, selon le chef libéral, même s'il sait très bien que tous les efforts, tous les sacrifices, tous le milliards dépensés, n'auront qu'un impact indétectable sur le climat.

La classe politique occidentale est carrément masochiste et tellement endoctrinée par les prêcheurs du réchauffisme, qu'elle en a perdu tout sens critique et toute vision claire des intérêts vitaux des nations qu'elle dirige.

M. Harper a bien raison: le Protocole de Kyoto est non seulement une erreur politique mais une aberration scientifique. Plus tard, quand l'imposture du réchauffisme aura volé en éclats – et ça viendra! – Stephen Harper sera alors et sans nul doute l'objet de notre gratitude.

Ah, j'oubliais! Saviez-vous que la planète Mars se réchauffe, elle aussi? Sans aucun effet de serre et sans émission de gaz de la part des Martiens. Les Kyotiens devraient se pencher sur ce mystère!