|
Après l’échec référendaire d’Hugo Chavez, c’est au tour d’Evo Morales de faire face à la contestation populaire. Morales a voulu imposer aux Boliviens une constitution qui allait faire du pays une république socialiste. Réponse des Boliviens ? 4 des 9 provinces ont décidé de proclamer leur autonomie face au gouvernement central. On dirait bien que le virage à gauche de l’Amérique Latine est en train de se terminer dans un mur. |




















Parce que Chavez et Morales sont les seuls présidents gauchistes en Amérique du Sud????????
Ils sont les plus radicaux.
Lula et Bachelet sont des gauchistes modérés (les deux sont à droite de Québec Solidaire).
Ça me fait penser au Chili d’Allende au début des années 1970 quand ce salaud avait réussi à tasser le parlement et à gouverner par décret. Il fricotait avec l’URSS et Castro pour instaurer un régime communiste. L’économie était devenu tellement misérable et les insatisfactions de la population grandes que les parlementaires avaient demandé l’intervention de l’armée, ce qui a amené le coup d’État de Pinochet en 1973.
Puisque que tu en parles, je me permet de reproduire encore une fois un excellent texte de Jean-François Revel sur le sujet:
Quand le général Pinochet a tué la démocratie, elle était déjà morte…
Jean-François Revel, in Nice-Matin, 6 septembre 1983
Au moment du dixième anniversaire du coup d'État qui a ravi à Salvador Allende à la fois son pouvoir et la vie, et au peuple chilien la démocratie, l'heure est-elle venue de tenter une analyse sérieuse de la tragédie de 1973 et de ses causes ? J'en doute. Les passions, les barrières idéologiques, l'interdisent encore, je le crains. La gauche internationale, depuis dix ans, s'en tient à une version des faits et à une seule : Allende a été renversé et assassiné par un complot militaro-fasciste soutenu par les États-Unis, et quiconque veut établir le bilan des responsabilités du gouvernement de l'Unité populaire se voit aussitôt accusé de complicité avec Pinochet.
La gauche, dans le monde entier, désirait tant voir une expérience de socialisme démocratique réussir enfin ; elle avait tant dit que la prudence d'Allende au Chili constituait cette expérience, qu'il lui fut impossible d'en attribuer l'échec à autre chose que des causes purement artificielles. Pourtant, bien avant le coup d'État, tous étaient au courant de la détérioration de la situation à la fois économique et politique. On savait combien étaient graves l'inflation, démentielle même pour l'Amérique latine, la pénurie alimentaire, le rationnement, les grandes manifestations des camionneurs manquant de pièces détachées ou de ménagères tapant sur les casseroles, parce qu'elles ne trouvaient plus au marché de quoi les remplir. Mais la gauche ne manquait pas d'explications rassurantes pour tout cela : le chaos économique provenait du complot des multinationales et des banques organisant le "blocus" du Chili et lui coupant ses lignes de crédit pour l'asphyxier.
Quant aux manifestants, ils étaient de toute évidence lancés dans la rue par la C.I.A. Or, en admettant même que des services spéciaux étrangers aient pu noyauter les manifestants, on voit mal comment des dizaines de milliers de citoyennes et de citoyens des couches incontestablement moyennes et modestes auraient pu ainsi être mobilisés sans être poussés par un authentique mécontentement populaire. La thèse est absurde et d'ailleurs anti-marxiste.
Lorsque les mineurs des mines de cuivre que l'Unité populaire avait achevé de nationaliser (le processus avait commencé auparavant, sous la présidence démocrate-chrétienne d'Eduardo Frei) se sont mis en grève contre le régime, j'ai rencontré des socialistes à Paris pour m'expliquer que ces ouvriers avaient été soudoyés par l'ambassade des États-Unis ! Quant aux lignes de crédit, il y a longtemps qu'on a démontré qu'elles n'avaient jamais été réellement coupées. Les dettes chiliennes avaient été plusieurs fois rééchelonnées, de nouveaux crédits consentis et, quand Allende a été assassiné, il disposait, ô paradoxe ! de plus de facilités en devises fortes qu'aucun de ses prédécesseurs. La faillite économique résulta donc bien plus de causes internes que de causes externes.
Il en va de même pour la faillite politique, la décomposition de l'État, les illégalités nombreuses qui avaient déjà faussé le fonctionnement de la démocratie avant que l'armée ne l'achève. Quand Pinochet a tué la démocratie au Chili, elle était déjà morte. Le pays était dans une situation de pré-guerre civile. Le régime avait au début cherché en toute bonne foi à tracer un chemin légal vers le changement de société. Le pouvait-il, étant donné qu'Allende n'avait été élu qu'avec 36 % du vote populaire ? Très vite il se heurta donc à des résistances dans la société civile et tenta de les surmonter en poussant le prolétariat urbain à un comportement révolutionnaire de "rupture".
L'Unité populaire se mit à combattre non seulement les groupes privilégiés mais les classes moyennes, détruisant un capital humain rare en Amérique latine et qui s'était formé au moyen d'une lente maturation. Plus qu'un moyen de distribution des denrées, le rationnement devint un instrument de surveillance et de mise en fiches des personnes. Des milliers de révolutionnaires professionnels étrangers, en provenance du continent latino-américain et d'autres continents, s'infiltrèrent, avec la complicité du gouvernement, dans toutes les activités pour les diriger suivant des normes purement politiques qui annonçaient le parti unique. L'armée même ne fut pas à l'abri de la subversion souterraine, au moment même où Allende, en avril 1973, nommait des généraux dans son gouvernement pour qu'ils l'aidassent à surmonter le chaos où s'effondrait le pays.
L'école publique fut soumise à un monolithisme idéologique et autoritaire. C'est que le parti socialiste chilien, et en particulier son aile gauche, le M.I.R., n'étaient nullement réformistes ou sociaux-démocrates. Le parti était marxiste-léniniste dans sa doctrine et assez peu différent par ses méthodes de son allié communiste.
À la veille du coup d'État, Salvador Allende ne pouvait déjà plus maintenir au pouvoir de façon démocratique l'Unité populaire telle qu'il l'avait constituée. Il envisagea un gouvernement d'union nationale avec la démocratie chrétienne, solution qui fut repoussée par le parti socialiste et le parti communiste. Il songea à un référendum qu'il eût inévitablement perdu, car les prétendus gains électoraux réalisés par l'Unité populaire aux élections municipales de mars 1973 avaient été dus en partie à la fraude et ne lui avaient pas donné même ainsi la majorité. Restaient possibles soit la guerre civile, soit le passage au système totalitaire du parti unique de type castriste, ce qui eût exigé l'appui d'au moins une partie de l'armée, soit le putsch dans un sens fasciste, On sait que, malheureusement, c'est cette dernière issue qui prévalut. Mais les deux autres n'auraient pas été moins catastrophiques.
Aujourd'hui, alors que Pinochet vacille, qu'il est contraint à son tour d'évoluer, de même d'ailleurs que d'autres dictatures de droite, en Argentine, en Turquie, au Pakistan, souhaitons que la gauche se montre capable de saisir à nouveau cette chance historique sans démence idéologique, dans le cadre d'un retour " à l'espagnole " vers la démocratie.
Pinochet est un héros en quelque sorte…
Merde je ne m’en étais pas rendu compte…
Heureusement que gagnon est là.
Je m’en étais fait passé une vite.
Pinochet est un monstre qui a remplacé un autre monstre.
Personne n’a dit ça. Encore une truc sorti tout droit de ton imagination.
« Pinochet est un monstre qui a remplacé un autre monstre. »
Exact. Sauf que plusieurs dictateurs ont été beaucoup plus monstrueux que lui, notamment Castro qui lui est adulé par plusieurs idiots utiles.
- Castro a exécuté 17,000 personnes alors que Pinochet 3,000.
- Castro a flanqué toute l’économie de son pays au tapis alors que Pinochet l’a remis en marche de façon spectaculaire.
- Castro n’a jamais osé passer l’épreuve démocratique en 48 ans alors que Pinochet a quitté le pouvoir de lui-même 17 ans plus tard après avoir perdu de peu un référendum en 1990. Les conditions étaient en place pour qu’un régime démocratique prenne la relève.
Je le répète: Pinochet était lui aussi un salaud. Il n’aurait pas eu besoin de commettre des atrocités pour réinstaller la démocratie qu’Allende avait évincée. Mais il y a des nuances dont il faut tenir compte.
Pinochet a été une charogne qui a quitté suite à un référendum.
Mais Pinochet avait auparavant gagné son référendum constitutionnel haut la main en 1981. Alors on repassera pour les comparaisons avec Castro, car ce dernier a toujours su que la chose qui serait fatale à son régime serait un exercice démocratique par le peuple Cubain.
Il n’est pas dit que le référendum de 1981 avait été blanc comme neige.
Cela dit, que plusieurs Chiliens se réfugient en Allemagne de l’Est après 1973 en dit long sur leur engagement envers la démocratie (ok Michelle Bachelet et sa mère l’ont fait mais il y avait pas mal plus marxistes!). Mieux vaut peut-être être emmuré que mort mais c’est exagéré pas à peu près de dire que la DDR, c’était la « Tor zur Freiheit ».
Surtout quand on sait que si l’ambassade de la RDA était ouverte, c’est pas mal parce que Honnecker savait que celle de Bonn était fermée… Politics is only interests
Et le Chili, c’est le même problème que les Républicains pendant la Guerre d’Espagne: kidnapping du camp démocrat par l’extrême-gauche.
Mais là il est 3:30, je continue demain si personne ne voit mon point!