Robert Calderisi

Le Canada donne peu à l'Afrique. Mais c'est encore trop, dit le Québécois Robert Calderisi, ex-économiste de la Banque mondiale:

« Dès les années 1960, au lendemain des indépendances, l'Afrique a commencé à perdre ses parts dans le commerce mondial. Tout ce qu'elle produisait café, cacao, coton, huile de palme, sisal coûtait plus cher qu'en Amérique latine ou en Asie. Les États africains ont surtaxé les petits agriculteurs, et de nombreux paysans ont abandonné les cultures d'exportation pour se tourner vers l'agriculture de subsistance. En conséquence, l'Afrique a perdu 70 milliards de dollars de revenus annuels, le double de ce qu'elle reçoit aujourd'hui en aide. Résultat : l'aide a servi à financer les dépenses courantes des États, pas les investissements. »