Le P'tit QuébecJ'ai toujours considéré que le nationalisme était incompatible avec la démocratie. Le Parti Québécois en a fait la démonstration cette semaine.

Le PQ a proposé la création d'une "citoyenneté québécoise". Pour obtenir cette citoyenneté, un immigrant devra démontrer une "connaissance appropriée de la langue française". Un immigrant n'obtenant pas cette "citoyenneté" serait privé des droits suivants: interdiction de financer un parti politique, d'adresser une pétition à l'Assemblée nationale et d'être candidat aux élections québécoises, municipales et scolaires.

Qu’est-ce qui justifie cette loi ? L'Assemblée Nationale est-elle prise en otage par des députés ne parlant pas français ? Les immigrants abusent-t-ils du droit de déposer des pétitions ? Les immigrants sont-t-ils riches au point de transformer le paysage politique en contribuant financièrement à un parti politique ? Bien sûr que non, le but de cette loi c’est de désigner un bouc émissaire que l'on pourra priver de ses droits — une stratégie typiquement nationaliste. Si un russophone veut se présenter dans une élection c'est son droit, les gens seront libres de voter pour lui ou pas.

La création d’une 2e classe de citoyen comme le propose le PQ serait peut-être acceptable dans une république de banane mais c'est tout simplement inacceptable dans une démocratie. Si jamais ce projet voit le jour, par solidarité avec les milliers de Québécois qui seront spoliés de leurs droits les plus élémentaires, je renoncerai à cette citoyenneté.

C'est Georges Orwell qui disait: "Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d'autres"…

Chose certaine, si le Canada exigeait une bonne connaissance de l'anglais pour participer au processus démocratique, alors Pauline Marois serait mal foutue…