Avec la sortie du documentaire "Québec sur ordonnance" de Paul Arcand, on aura sans doute droit à une orgie de récriminations contre l'industrie pharmaceutique, la méchante "Big Pharma". Question de nuancer le débat, voici l'autre côté de la médaille.

En 2003, suite à la découverte d’un possible lien entre la prise d’antidépresseurs et le suicide chez les jeunes, la FDA a émis un avertissement relatif à leur utilisation. Cet avertissement, largement publicisé dans les médias, est devenu le St-Graal des détracteurs de l'industrie pharmaceutique.

Voici ce qu’on a pu observer aux États-Unis:

RÉSULTATS
Big Pharma
Entre 2003 et 2005, suite aux nombreux avertissements de la FDA, les prescriptions d’antidépresseurs ont chuté d’environ 20% pour les moins de 19 ans.

CONSÉQUENCES
Big Pharma

Cette diminution a coïncidé avec une augmentation de 14% du taux de suicide. C’est la plus grosse augmentation jamais enregistrée.

Notez aussi que même si la prescription d’antidépresseurs a augmenté de manière importante entre 1987 et 2003, le taux de suicide avait connu une forte diminution.

La morale ? Même si il existe un lien entre la prise d’antidépresseur et le suicide, il ne faudrait pas montrer en épingle la situation parce qu’il semble que les antidépresseurs préviennent plus de suicides qu’ils en causent. L’analyse doit tenir compte des risques et des bénéfices, pas juste des risques.

Source:
The American Journal of Psychiatry
Early Evidence on the Effects of Regulators’ Suicidality Warnings on SSRI Prescriptions and Suicide in Children and Adolescents