Mario Dumont a lancé un pavé dans la marre cette semaine: le Québec aurait-il atteint sa limite en matière d'accueil et d'intégration des immigrants ?

Une question assez complexe et avant d'y répondre, il serait intéressant de brosser un portrait de la situation.

Voici comment se répartissent les immigrants dans les 10 provinces canadiennes:

Immigration Canada Québec

Si le Québec a atteint sa limite, force est de constater qu'elle est plutôt basse par rapport à la moyenne canadienne. Globalement, les provinces avec une proportion d'immigrants plus faible que le Québec sont aussi des provinces pauvres. De 2002 à 2006, le Québec a accueilli 17,5% des immigrants au Canada alors que notre province représente 23,4% de la population canadienne.

Certains diront que le Québec se distingue des autres provinces car il doit intégrer ses immigrants en français. C'est juste, voyons la part de l'immigration au Québec parlant français.

Immigration Canada Québec

Depuis 2003, la proportion d'immigrants parlant français accueillis au Québec est supérieure à 50% et cette proportion à connue un bon significatif en 2004. Au milieu des années 90, l'immigration francophone était inférieure à 40% et personne n'en faisait de cas. Alors pourquoi aujourd'hui, alors que cette proportion frise le 60%, devrait-on être alarmiste ?

Pour beaucoup, l'intégration passe par le travail. Par conséquent, sélectionner des immigrants ayant le plus de chance de se trouver un emploie représente un avantage certain. Voyons la part de l'immigration québécoise sélectionnée pour leurs compétences.

Immigration Canada Québec

Au milieu des années 90, l'immigration "qualifiée" était inférieure à 40% et personne n'en faisait de cas. Alors pourquoi aujourd'hui, alors que cette proportion frise le 60%, devrait-on être alarmiste ?

Certains dirons que plusieurs de les immigrants sélectionnés se retrouvent sans emploi ou chauffeur de taxi. Sachez que 68% des immigrants ont un emploi qui correspond à leurs compétences après cinq ans de vie au Québec.

Le Québec aurait-il atteint sa limite en matière d'accueil et d'intégration des immigrants ? L'évolution de la situation par rapports aux années 90 semble indiquée que non.

Selon l'Institut de la Statistique du Québec, si on gelait l'immigration à son niveau actuel (environ 45 000 immigrants/année), nous ferions face à un déclin démographique en 2039. Une augmentation annuelle de l'immigration de 15 000 personnes par année repousserait le déclin démographique au delà de 2051.

Source:
Ministère Immigration et Communautés Culturelles
Tableaux sur l'immigration au Québec