Pascal Bruckner

Extrait d’une entrevue de Pascal Bruckner donné au magazine L’actualité:

QUESTION: Dans nos sociétés, vous dites qu’il y a un nouveau délit d’opinion : la critique de l’islam.

RÉPONSE: Oui, on l’a vu en France avec le cas de Robert Redeker, professeur de philosophie qui, pour avoir écrit que l’islam est violent, a été condamné à mort par des extrémistes et abandonné par le milieu de l’Éducation nationale. Il a été lâché par sa hiérarchie, et tous les intellectuels y sont allés de leur petit couplet contre lui, en disant qu’il était raciste… Aujourd’hui, toute critique est immédiatement vue comme du racisme. Ce fameux concept d’islamophobie est pervers, puisqu’il confond la critique d’un groupe humain avec la critique d’une croyance. Donc, on ne pourrait plus critiquer le socialisme, le libéralisme, le marxisme, le christianisme, au motif qu’on serait raciste. C’est complètement aberrant. L’islam n’est pas une race, c’est un système de croyances qui est historique et qui peut être attaqué, démoli, déconstruit, comme on veut. Le concept d’islamophobie a été forgé par les mollahs, en 1979, pour répondre aux attaques des féministes américaines, et ça a très, très bien marché. Ça consiste à interdire la parole, à saper le langage de l’intérieur pour empêcher les gens de vous critiquer.