Hier, avait lieu la fête nationale des Français. Conformément à la tradition, un immense défilé militaire a été organisé sur les Champs-Elysées. Mais cette année l'exercice avait quelque chose de particulier: toutes les forces armées d'Europe ont été invitées à parader devant le président Sarkozy.

14 juillet

14 juillet

Alors qu'en France les soldats peuvent défiler fièrement, au Québec une très modeste parade militaire a déclenché une vive polémique…

On voit ici l'extraordinaire naïveté des Québécois imbus de pacifisme. Ici les gens considèrent probablement les soldats comme des crétins conditionnés à tuer. En Europe on voit le militaire comme le gardien de la nation. Alors qu'au Québec on contre-manifeste lors d'un défilé militaire, en Europe on réserve aux soldats la tribune d'honneur lors des fêtes nationales.

Il faut dire que l'Europe a connu la guerre, ce continent sait combien le soldat représente l'ultime rempart entre le monde civilisé et la tyrannie. Ici au Québec, notre confort et notre sécurité nous ont poussé à faire des raisonnements du type "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil".

Le Devoir
Pacifisme n'est pas français

Contrairement aux Québécois, les Français n'ont jamais été pacifistes. Or le Québec demeure un des endroits du monde où le mot «pacifisme» conserve une aura positive. Je connais des ministres québécois qui utilisent indistinctement les mots «pacifique» et «pacifiste», comme s'ils signifiaient la même chose. Le pacifisme est pourtant une idéologie aussi détestable que le militarisme. Alors que l'un prétend tout régler par l'action militaire, l'autre transforme les Casques bleus et l'aide humanitaire en solutions universelles. Dans les deux cas, l'aveuglement est le même.

Il y aura toujours des situations où la force des armes sera déterminante. C'est le cas en Afghanistan où, en nettoyant un nid de terroristes, le renversement des talibans a permis à la population, et notamment aux femmes, de retrouver certaines libertés élémentaires.

La France a beau être à l'origine de Médecins sans frontières, elle n'a jamais épousé le pacifisme qui a séduit la gauche américaine à partir de la guerre du Vietnam. À cause de son passé catholique et missionnaire, de son poids négligeable dans le monde, de son histoire relativement paisible et de sa faible présence politique à l'étranger, le Québec en est devenu un terreau fertile. «Il vaut mieux perdre la guerre que d'aller au pas du pauvre soldat», dit une belle chanson de Gilles Vigneault (Les Beaux Métiers).

Un sondage publié cette semaine démontrait que 76% des Québécois trouvent que les pertes en Afghanistan sont inadmissibles (67% pour le Canada).

Bien sûr, il faut honorer chacun des 66 soldats tombés au champ d'honneur, chacune de ces pertes m'attriste profondément. Mais il faudrait se rappeler que du 9 au 12 avril 1917, près de 4 000 soldats canadiens sont morts en voulant prendre la crête de Vimy. Nous n'avons pas retiré nos troupes pour autant. Durant les 6 premiers jours de la campagne de Normandie, plus de 1 000 canadiens sont morts. Nous n'avons pas retiré nos troupes pour autant.

En Afghanistan, nous ne faisons pas que combattre le terrorisme, nous essayons aussi de retrouver la dignité et la noblesse qui nous nous avons perdu…