Québec ÉconomieHier, Claude Béchard a annoncé que le gouvernement donnait son autorisation pour la construction d'un port méthanier à Gros-Cacouna. Dans la conférence de presse suivant l'annonce, un journaliste a demandé si le projet allait permettre d'exporter du gaz naturel aux États-Unis. Presque gêné, comme si la chose était honteuse, le ministre a reconnu qu'il était possible que le port soit aussi utilisé pour vendre du gaz aux américains…

Pourquoi cette gêne ? Comme si faire du business avec les américains était quelque chose de sale dont il faudrait se confesser. Cette attitude explique, en parti, la stagnation économique du Québec. Normalement le ministre aurait du être fier et clamer haut et fort que les exportations de gaz vers les États-Unis allaient augmenter. Car c'est en exportant en dehors de nos frontières qu'on peut véritablement dynamiser notre économie en y injectant de l'argent frais.

Mais non, au lieu d'afficher sa satisfaction le ministre a plutôt joué profil bas, comme si faire du business avec les américains signifiaient automatiquement qu'on se fait avoir. À force de se faire répéter "maître chez nous", on a oublié qu'on pouvait aussi être maître ailleurs. Le "maître chez nous" de Lesage c'est transformé en isolationnisme.