EngrenagesDepuis le début du 20e siècle, l'agriculture connait un déclin constant. En 1931, 33% des canadiens vivaient sur une ferme, à la fin des années 2000 cette proportion était inférieure à 3%. Entre 1956 et 1961, la population agricole au Canada a connu un recul spectaculaire de 700 000 personnes.

Où je veux en venir ?

Les économies changent, se transforment et s'adaptent aux nouvelles réalités. Au début du 20e siècle il y a eu une phase de transition d'une économie agraire vers une économie manufacturière. Imaginez si le gouvernement avait décidé de se battre contre cette tendance. Si au moyen de subventions les politiciens avaient décidé de maintenir en vie coûte que coûte l'agriculture au dépend de l'industrie manufacturière. On aurait complètement manqué le bateau et les dommages à notre économie se feraient probablement sentir encore aujourd'hui.

En ce moment nous vivons une phase de transition analogue, on passe d'une économie manufacturière à une économie de technologies. Mais voilà, cette fois-ci le gouvernement commet l'impensable: il a décidé de se battre contre cette nouvelle tendance…

Résultat, on dépense sans compter pour maintenait en vie une économie que l'on devrait laisser mourir de sa belle mort. Par exemple, le gouvernement va débourser 10 millions de dollar pour chaque emploi créé dans une nouvelle aluminerie au Saguenay – Lac St-Jean. Même chose pour les forêts, le respirateur artificiel pour maintenir en vie cette industrie nous coûte plusieurs millions.

En pendant que l'on s'acharne à sauver les industries de la vielle économie, on sacrifie la nouvelle économie. Le Conference Board du Canada juge que l'on s’enlise dans la médiocrité en raison du manque d'innovation et de la constante pénurie de main d'oeuvre qualifiée, notamment dans les domaines des sciences, de l'ingénierie et du commerce. Imaginez si tous les milliards consentis à l'industrie manufacturière avaient été versés dans l'économie du savoir…

En février dernier, même si le Québec a perdu 33 000 emplois dans le domaine manufacturier, le taux de chômage est resté inchangé, démontrant ainsi qu'il n'y a pas de raison de craindre cette phase de transition économique.

Mais en s'acharnant à vouloir sauver les emplois du passé en sacrifiant ceux du futur, le gouvernement pourrait bien gâcher la sauce. Cette obstination à vouloir aller contre le progrès pourrait bien causer des dommages économiques dont on parlera encore dans 100 ans…