L'offensive de Mario Dumont pour forcer les "majors" américains à produire un cinéma à notre image vient de connaître un nouveau rebondissement.

Après avoir exigé que les films américains soient doublés au Québec, l'ADQ exige maintenant que Shrek arbore des couleurs plus représentatives de la réalité québécoise:

Shrek

Ya pas à dire, Mario il s'occupe des vrais problèmes de la classe moyenne !

François Benjamin

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François Benjamin, Le porte-parole adéquiste en matière de culture:

"C'est pour se reconnaître nous-mêmes quand on écoute des longs métrages, pour qu'on soit capables de comprendre le sentiment d'appartenance, la réalité quotidienne qu'on vit."

MISE-À-JOUR #2

Le gros bon sens veut que si on n'aime pas le doublage d'un film, on s'organise pour ne pas aller le voir. Si les gens ne vont pas voir un film parce que le doublage est mauvais, alors le marché va s'ajuster. Parce que la question de doublage c'est surtout une question de marché.

Libre-marché qui est honteusement bafoué par les lois protectionnistes de la France; une guerre culturelle/commerciale qui sévit depuis plusieurs décennies et qui a connu son apogée à la fin des années 90 sans que le Québec fasse le moindre gain:

Le Soleil
Arts et spectacles, mercredi 19 février 1997, p. C11

Le Québec montre les dents
Menace de fermer les écrans aux films doublés à Paris

Pour relancer les interminables discussions dans le dossier du doublage, le Québec montre les dents devant les Français et «menace» de fermer ses écrans aux films doublés à Paris, ou même de porter l'affaire devant l'Organisation mondiale du commerce s'il n'y a pas d'entente d'ici juillet.

De retour d'une mission en France avec la ministre québécoise de la Culture et des Communications, Louise Beaudoin, le président de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC), Pierre Lampron, a laissé tomber son dépit, hier, devant la lenteur des négociations franco-québécoises et les percées françaises en chasse gardée québécoise.

Non seulement la France refuse toujours de projeter les films étrangers doublés au Québec, mais les Américains ont de plus en plus tendance à faire doubler leurs films à Paris avant de les distribuer au Québec, a expliqué en substance M. Lampron lors d'une conférence de presse.

Les Américains sont tenus par la «loi Bacon» d'offrir une copie doublée en français de leurs films presque en même temps que la sortie de la version originale anglaise. Depuis l'adoption de cette loi (du nom de l'ancienne ministre libérale des Affaires culturelles, Lise Bacon), la part de l'industrie québécoise du doublage dans le marché des films destinés aux salles est passée de 30 % il y a deux ans à 50 ou 60 % aujourd'hui. [Note du blogeur: en 2006, c'était 72%]

Depuis décembre, «les Américains ont de plus en plus tendance à faire doubler leurs films à Paris avant de les sortir ici en même temps que la version anglaise», explique M. Lampron : «Ce n'est pas un problème endémique, mais on constate une tendance.»

Mais au-delà de ce nouvel élément au différend, le fond du litige n'est toujours pas réglé: pourquoi la France refuse-t-elle de présenter sur ses écrans des films doublés au Québec?

Dans un document retraçant l'historique du contentieux et préparé par le ministère de la Culture et des Communications, on entrevoit des ébauches d'explications: protectionnisme culturel, corporatisme des syndicats d'acteurs, snobisme francophone. Pour toutes ces raisons, le dossier traîne depuis à peu près 30 ans à coups de lettres diplomatiques, d'ententes éphémères et rompues, de promesses ministérielles et de parties de bras de fer entre syndicats d'acteurs des deux côtés de l'Atlantique.

Le gouvernement du Québec lance donc un «ultimatum» à Paris: un «chargé de mission» français d'un niveau au moins équivalent à celui du président de la SODEC devra s'asseoir avec un homologue québécois pour «trouver une solution équitable au différend», a indiqué M. Lampron. Pas question d'échanges de lettres entre fonctionnaires et de politesses officielles: il faut protéger de toute agression les parts de marché du Québec environ 60 %.

Si ces nouvelles négociations n'aboutissent à rien d'ici le 1er juillet prochain, Québec menace d'adopter une loi équivalente à la loi française, qui interdirait la projection au Québec de tout film doublé en France.

«Les Américains peuvent trouver cela inique et peu intéressant financièrement, mais si c'est le prix à payer pour se faire respecter, nous le ferons», a indiqué M. Lampron.

MISE-À-JOUR #1

Jean Dusseault (radio de Radio-Canada) fait le point sur le projet de loi de l'ADQ:

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(H/T: Sniper)