Budget QuébecÀ Ottawa nous avons un gouvernement minoritaire et les choses vont relativement bien.

À Québec, même pas foutu de s'entendre lors du tout premier budget !

Que le PQ vote contre, je peux comprendre, il n'y a rien pour eux dans ce budget. Mais que l'ADQ s'obstine à voter contre, je ne comprends pas. Un parlement minoritaire c'est un jeu de "give and take", on fait des concessions à gauche pour faire des gains à droite. C'est ce que le PLQ a fait en incluant dans le budget de plusieurs thèmes chers à l'ADQ (santé, transparence, méthodes comptables, réduction de la dette). En retour, il est normal que l'ADQ renvoie l'ascenseur et fasse des concessions. Du tout, la position de l'ADQ est figée, aucun compromis possible.

Que dire de Gilles Taillon qui à l'air un peu con aujourd'hui de planter un budget qui ravi le Conseil du Patronat

Les partis d'opposition aiment bien répéter que Jean Charest doit réaliser qu'il est minoritaire. Je veux bien, mais les partis d'opposition devraient aussi réaliser qu'ils sont minoritaires et que c'est Charest le Premier Ministre.

Dans ce parlement de fou, c'est l'opposition qui se comporte comme si elle était majoritaire !

Ce budget marque le début d'un renouveau économique, il a reçu l'aval des gros lobbies d'affaire du Québec (Conseil du patronat, Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Chambre de commerce du Québec), en votant contre ce budget, on se retrouver à voter pour le statu quo…

MISE-À-JOUR

Remarquez que personne s'est plaint de l'absence de mesures environnementales dans ce budget…

Pour le reste, voici un texte  de l'excellent blogue de Pierre Duhamel (magazine L'actualité):

Pierre Duhamel
Pour ou contre des baisses d’impôts?

La question me fige. Nous, les champions de la taxation en Amérique du Nord, sommes en train de nous demander si avons droit à une baisse d’impôt. Mon idée n’est pas complètement faite sur le sujet – cela m’arrive – et je vais seulement aligner les différents éléments de l’équation. Peut-être que la solution s’imposera d’elle-même.

1. Ce sont les riches qui vont en profiter. Cela est facile à dire pour les 41 ou 42 % de Québécois qui ne paient pas d’impôt. Cela est encore plus facile à dire pour les bien-pensants qui trouvent que la solution à la pauvreté, c’est de taxer au maximum les riches pour permettre à certains de ne pas travailler. Diminuer les impôts et valoriser le travail, c’est donner une récompense et un incitatif supplémentaire à ceux qui gagnent et qui contribuent. Il ne faut pas exagérer les retombées économiques potentielles d’une telle politique… mais il ne faut pas les sous-estimer non plus.

2. Le Québec a d’autres priorités. Bien sûr, le budget de santé est sans fond (et sans fonds). Bien sûr, les besoins sont immenses en éducation. Mais déjà, 98% des nouvelles dépenses engagées dans le budget de Monique Jérôme-Forget sont dévolues à ces deux secteurs. De plus, le gouvernement s’est engagé à dépenser 30 milliards $ pendant cinq ans pour remettre nos infrastructures à niveau. Il faut être très partisan et tout aussi aveugle pour ne pas reconnaître l’effort du gouvernement.

3. Le Québec se met dans une position embêtante en utilisant les récents transferts fédéraux. C’est un bon argument. Il est évident que les fonds fédéraux font la différence dans ce budget. Mais le Québec est libre d’en faire ce qu’il veut. Pourquoi ne pourrait-il pas donner un break à ses citoyens qui n’ont pas été souvent gâtés?

4. Il faut penser à la dette et aux générations futures. Quelle bonne nouvelle! Le gouvernement s’engage à remplacer les règles comptables qui lui permettent de multiplier les budgets sans déficits… et d’augmenter constamment sa dette! Comment doit-on s’attaquer à cette dette de 122 milliards $? Je pense qu’il faut mettre plus d’argent dans le Fonds des générations. Je pense même que les tarifs d’électricité devraient être augmentés pour gonfler au maximum ce Fonds. Ceci dit, je crois que c’est le dynamisme économique du Québec et l’augmentation soutenue de la productivité de ses entreprises qui vont assurer sa prospérité future. Les pays les plus dynamiques de la planète sont rarement les plus taxés.

5. Les entreprises devraient bénéficier des baisses d’impôts et non pas les particuliers. Je tiens à dire que je respecte beaucoup les trois derniers arguments. Pierre Fortin a raison de dire qu’il faut réduire les taxes sur l’investissement des entreprises. La taxe sur le capital des entreprises ne sera élimée complètement qu’en 2011. C’est encore trop lent. Ceci dit, je crois que l’allègement du fardeau fiscal des particuliers de 950 millions $ aura un impact sur la consommation et la croissance de notre économie.

Bref, je pense que je voterais en faveur du budget.