Fondé en 2001, l'Ontario Institute for Competitiveness and Prosperity (OICP) est un organisme de recherche créé par le gouvernement ontarien afin de mesurer et desurveiller les progrès économiques. L'OICP quantifie l'écart de prospérité du Québec vis-à-vis du RDC à 6 300 $ par individu. Il a établi une méthodologie permettant de disséquer la prospérité – telle que mesurée par le PIB réel par habitant – en un certain nombre d'éléments quantifiables.

Voici ce que ça donne:

OICP

Profil: +400$
Quel pourcentage de la population d'un territoire est en âge de travailler et, par conséquent, est en mesure de contribuer à la création des produits et services qui créent de la valeur économique et de la prospérité. Paradoxalement, malgré tout ce qu'on entend au sujet du vieillissement de la population québécoise, ce facteur à saveur démographique constitue actuellement l'un des avantages concurrentiels de la province.

Utilisation: -1 800$
Quel pourcentage des personnes en âge de travailler participe véritablement à la création de valeur économique et de prospérité.

Intensité: -2 500$
Combien d'heures les personnes qui travaillent consacrent-elles à leur emploi au cours d'une année. L'intensité représente la plus importante entrave à la prospérité du Québec par rapport au RDC, car elle crée un écart de 2 500 $ dans le PIB par habitant. De plus, cet écart s'est accru de manière significative depuis 1999.

Combinaison et contenu des grappes industrielles: -400$
Certains secteurs, notamment ceux qui sont d'avantage orientés vers le commerce extérieur, ont tendance à être plus novateurs et à enregistrer des niveaux de productivité plus élevés. À cet égard, le Québec affiche un léger handicap.

Efficacité des grappes: -1 000$
Ce facteur sert surtout à évaluer dans quelle mesure les grappes commerçantes du Québec sont concurrentielles en comparant leur productivité (évaluée approximativement par les salaires) à celle des grappes des autres provinces et territoires. À l'intérieur de ces grappes, il a été établi que les salaires et la productivité étaient en moyenne 18 % inférieurs au Québec quailleurs au Canada, ce qui se traduit par un écart du PIB par habitant de 1 000 $.

Urbanisation: 0$
Cette composante mesure la proportion de la population qui vit dans des régions urbaines. Une forte urbanisation accroît habituellement la productivité dun territoire, car les interactions entre les personnes et les industries sont alors facilitées.

Éducation: -900$
Le niveau de scolarité d'une population a une incidence positive sur sa productivité. Dans l'ensemble, la proportion de personnes âgées de 25 à 64 ans au Québec possédant un diplôme d'études postsecondaires est semblable à celle du RDC. Cependant, seulement 18 % des Québécois possèdent un diplôme universitaire de premier, deuxième ou troisième cycle, comparativement à 23 % dans le RDC. Une partie de cet écart s'explique par la plus forte proportion de Québécois qui se contente d'un diplôme détudes collégiales (cégep), un diplôme d'études supérieures reconnu, mais généralement considéré comme d'avantage axé sur la formation professionnelle que les diplômes des collèges communautaires conventionnels dans le RDC. Par ailleurs, 24 % de la population québécoise ne possède pas de diplôme d'études secondaires, comparativement à 21 % dans le RDC. Par rapport à d'autres administrations, le Québec consacre d'avantage de ressources à l'éducation en pourcentage du PIB, mais moins d'argent par habitant.

Dépenses en capital: -500$
Ce facteur indique dans quelle mesure le capital physique appuie la productivité. En pourcentage du PIB réel, les entreprises québécoises dépensent moins en machines et équipement (8,5 % en 2005) que celles du RDC (12,8 % en 2005) et l'écart s'est accru depuis 1999.

Autres facteurs: +400$
Il s'agit de l'écart résiduel de productivité qui ne peut être expliqué par les facteurs susmentionnés et qui persiste malgré la similarité de la combinaison de grappes et de leurs atouts, de l'urbanisation, de l'éducation et de l'intensité capitalistique.

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Le même exercice mais avec les États-Unis cette fois-ci:

OICP

Source:
Groupe Financier Banque TD
Convertir les atouts du Québec en prospérité