La gaucheDe la souveraineté, Jonathan Valois a dit:

« La crainte que j’ai, c’est que le mouvement souverainiste devienne un mouvement de plus en plus conservateur. Dès lors, la souveraineté ne serait plus un élément de révolution, de changement, d’évolution ou d’émancipation mais justement un rempart contre le changement, la mondialisation ».

On pourrait dire exactement la même chose de la gauche québécoise. Elle est devenue hyper-conservatrice, hostile à toute forme de changement. Le plus bel exemple c’est Boisclair qui a été qualifié de droite par l’orthodoxie du PQ. Boisclair n’est pas de droite, il a simplement une conception différente de la gauche, une gauche qui s’inspire de Tony Blair et des pays scandinaves. Mais au Québec, du moment qu’on essaye de remettre en question « le modèle », on devient de droite.

Un autre exemple: le « Manifeste pour un Québec lucide » qui a été rapidement classé comme étant de droite. Désolé, mais ce manifeste est essentiellement de gauche. Jamais le document ne parle de sabrer dans les programmes sociaux et d’y aller avec une privatisation mur-à-mur. Au contraire le « Manifeste pour un Québec lucide » met de l’avant des solutions pour préserver nos programmes sociaux.

Cette rigidité idéologique est absente chez la droite. Dans le Parti Conservateur de Stephen Harper, plusieurs droites cohabitent de manière harmonieuse. Maxime Bernier, Vic Toews et Josée Verner ont tous une conception différente de la droite. Pourtant, il n’y a pas de purge dans le Parti Conservateur, aucun groupe ne s’attribue le monopole des idées et personne ne fait croisade pour une épuration idéologique du parti.

Cette flexibilité est absente du paysage politique québécois, suffit de voir le traitement que l’on réserve à Joseph Facal. À gauche, du moment où l’on veut remettre à jour certains éléments, l’orthodoxie en place fait tout en son pouvoir étouffer dans l’oeuf toute remise en question en évoquant le spectre de la droite.

À droite, ça discute ferme, c’est vivant. Il y a la droite nationaliste, la droite fiscale, la droite sociale, la droite religieuse, des mouvances diverses qui peuvent s’exprimer et débattre. Parce que la droite a accepté le principe qu’aucun groupe ne possède le monopole de l’idéologie et qu’il y avait plusieurs manières différentes d’être de droite.

À gauche c’est sclérosé. Au Québec, la gauche se décline dans une seule et unique saveur et toute transgression n’est pas tolérée.

J’imagine que c’est l’une des raisons qui explique la monté de la droite: c’est un mouvement dynamique où il est possible de débattre alors qu’à gauche c’est « crois ou meurs ».