Nicolas Sarkozy

Depuis mardi, ils sont nombreux les gens à essayer d'expliquer la percé de l'ADQ: nationalisme identitaire, valeurs familiales, colère des classes moyennes, tout y passe. En fait, toutes ces explications peuvent être résumées simplement: c'est la pudeur de l'ouvrier. Un concept mis de l'avant par Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle française. Extrait d'un discours du candidat de l'UMP:

UMP Sarkozy
Nicolas Sarkozy à St-Quentin (Jeudi 25 janvier 2007)

J’ai visité beaucoup d’usines, rencontré beaucoup d’ouvriers. Dans les usines on parle peu. Il y a beaucoup de pudeur chez les ouvriers. Il y a une culture ouvrière, une façon d’être des ouvriers, un rapport particulier des ouvriers à la vie et au travail. Je ne veux pas que cette culture ouvrière se perde. […]

La France sans paysan, sans artisan, sans ouvrier serait une France appauvrie moralement, culturellement, économiquement. Les travailleurs – et je pense aussi aux employés, aux techniciens, aux ingénieurs, aux cadres – sont fiers de leur métier, ils considèrent qu’ils doivent le faire le mieux qu’ils peuvent. Ils ont ce sens du devoir, ce sens moral, ce courage qui sont des valeurs auxquelles je crois, qui sont les valeurs autour desquelles les Français doivent se rassembler parce que ce sont les valeurs de la France.

A leur manière les travailleurs sont des résistants. Des résistants contre la disparition d’un type de civilisation et d’un type d’homme qui respectent le travail comme une condition de la liberté, qui pensent que l’honneur c’est toujours s’efforcer de faire le mieux possible ce qu’on a à faire, que la dignité c’est de ne rien devoir qu’à soi-même et que le premier devoir d’un homme c’est de transmettre ses valeurs à ses enfants.

Sans le savoir (Dumont n'a pas la finesse et l'expérience d'un Sarkozy), c'est cette corde que Mario Dumont a su faire vibrer chez les électeurs. La pudeur de l'ouvrier, voir même le nationalisme ouvrier: la fierté du pain gagné à la sueur de son front et la dignité d'élever une famille.

En passant, les discours de Sarkozy c'est de véritables petits chef-d'oeuvres, de la musique pour les oreilles. Je ne fais pas référence à leur philosophie politique mais à leur forme, leur capacité à toucher en pinçant une corde sensible.

L'art du discours comme le pratique Sarkozy est malheureusement mort au Québec.