Dumont ADQLors de son passage à Tout le Monde en Parle, Mario Dumont a maintes fois répliqué aux animateurs que toutes ces promesses étaient chiffrées. Passons sur le fait que Mario a oublié ces fameux chiffres lors de l'enregistrement, le réel problème c'est que ses promesses ont été mal chiffrées…

Je prends comme exemple la réforme du système carcéral: faire payer les détenus pour leurs repas et diminuer le rythme des libérations conditionnelles.

Faire payer les détenus, l'idée est simple et séduisante. Mais il faut comprendre que pour mettre en place cette mesure, il faudra obligatoirement créer une toute nouvelle bureaucratie. Des fonctionnaires qui seront chargés: d'éplucher les états financiers des détenus, de déterminer leur solvabilité, de prévoir des mécanismes de perception et administrer ces perceptions. Bref, beaucoup de "grattage de papier". Du "grattage de papier" qui ne rapportera pas grand chose, le revenu annuel moyen des détenus, dont 40 % avaient un emploi avant leur détention se chiffre à 12 000 dollars. Les rares criminels avec de l'argent sont assez brillants pour la cacher et se faire défendre par l'aide juridique (c.f. les Hell's Angels). Vous me voyez venir… Cette idée simple et séduisante risque de ne pas faire ses frais: les coûts administratifs vont probablement excéder les sommes perçues chez les détenus.

Et la diminution du rythme des libérations conditionnelles ?  C'est le gros bon sens, personne ne peut nier l'apparent laxisme qui semble avoir été institutionnalisée dans le système carcéral. Mais qui dit moins de libérations conditionnelles, dit plus de prisonniers. Qui dit plus de prisonniers, dit plus de prisons. Dumont a-t-il chiffré les sommes qu'il prévoyait dépenser pour garnir les coffres de l'appareil carcéral ?

M'enfin, Dumont n'est pas le seul dans cette situation. Ça fait plus de 30 ans que le PQ travaille pour la souveraineté du Québec, mais on ne sait toujours pas comment un Québec souverain sera en mesure d'influencer sa politique monétaire.