Charest PLQLe fait marquant de cette campagne électorale: son manque de contenu. Bien sûr, les candidats en sont venus aux coups mais par "gaffes interposées" plutôt que sur le fond.

Tout le contraire de la dernière campagne, celle de 2003 qui porta Charest au pouvoir. En 2003, Charest avait ni plus ni moins proposé de réformer des pans entiers de la société québécoise: santé, fiscalité, réingénierie de l'état, réduction de la dette, PPP… un vaste chantier.

Quatre ans plus tard, Charest a réalisé 60% de ses engagements, mais de quoi discute-t-on dans la campagne ? Du 60% de réussite ou du 40% d'échec ?

Les politiciens ont tiré une leçon de la campagne de 2003: ne jamais prendre d'engagements précis, toujours rester vague, ne jamais donner trop de détails. Plus la promesse est désincarnée, plus il sera difficile de vous imputer sa non-réalisation.

C'est exactement ce qu'on voit dans cette campagne: aucun parti ne désire se peinturer dans un coin avec des engagements trop précis ou des réformes importantes. Ainsi, il sera beaucoup plus facile de défendre son bilan lors de la prochaine élection: si vous n'avez pas vraiment pris d'engagements, qui pourra vous reprochez de ne pas les avoir tenus ! Seul Mario Dumont y va de promesses un peu plus précises, mais Dumont sait qu'il ne formera pas le prochain gouvernement.

Les électeurs portent une certaine responsabilité pour la situation présente. S'il est normal de s'attendre à voir les politiciens respecter leurs promesses, il est anormal de s'imaginer qu'un politicien doive être enchaîné à son programme électoral.

Bref, les québécois ont tout un examen de conscience à faire par rapport à leur relation avec la classe politique.