Antagoniste


12 mars 2007

Audi, vide, tace, si vis vivere Élection 2007 Québec

Charest PLQLe fait marquant de cette campagne électorale: son manque de contenu. Bien sûr, les candidats en sont venus aux coups mais par "gaffes interposées" plutôt que sur le fond.

Tout le contraire de la dernière campagne, celle de 2003 qui porta Charest au pouvoir. En 2003, Charest avait ni plus ni moins proposé de réformer des pans entiers de la société québécoise: santé, fiscalité, réingénierie de l'état, réduction de la dette, PPP… un vaste chantier.

Quatre ans plus tard, Charest a réalisé 60% de ses engagements, mais de quoi discute-t-on dans la campagne ? Du 60% de réussite ou du 40% d'échec ?

Les politiciens ont tiré une leçon de la campagne de 2003: ne jamais prendre d'engagements précis, toujours rester vague, ne jamais donner trop de détails. Plus la promesse est désincarnée, plus il sera difficile de vous imputer sa non-réalisation.

C'est exactement ce qu'on voit dans cette campagne: aucun parti ne désire se peinturer dans un coin avec des engagements trop précis ou des réformes importantes. Ainsi, il sera beaucoup plus facile de défendre son bilan lors de la prochaine élection: si vous n'avez pas vraiment pris d'engagements, qui pourra vous reprochez de ne pas les avoir tenus ! Seul Mario Dumont y va de promesses un peu plus précises, mais Dumont sait qu'il ne formera pas le prochain gouvernement.

Les électeurs portent une certaine responsabilité pour la situation présente. S'il est normal de s'attendre à voir les politiciens respecter leurs promesses, il est anormal de s'imaginer qu'un politicien doive être enchaîné à son programme électoral.

Bref, les québécois ont tout un examen de conscience à faire par rapport à leur relation avec la classe politique.


12 mars 2007

Problème de cadrage Élection 2007 Québec

Dumont ADQLors de son passage à Tout le Monde en Parle, Mario Dumont a maintes fois répliqué aux animateurs que toutes ces promesses étaient chiffrées. Passons sur le fait que Mario a oublié ces fameux chiffres lors de l'enregistrement, le réel problème c'est que ses promesses ont été mal chiffrées…

Je prends comme exemple la réforme du système carcéral: faire payer les détenus pour leurs repas et diminuer le rythme des libérations conditionnelles.

Faire payer les détenus, l'idée est simple et séduisante. Mais il faut comprendre que pour mettre en place cette mesure, il faudra obligatoirement créer une toute nouvelle bureaucratie. Des fonctionnaires qui seront chargés: d'éplucher les états financiers des détenus, de déterminer leur solvabilité, de prévoir des mécanismes de perception et administrer ces perceptions. Bref, beaucoup de "grattage de papier". Du "grattage de papier" qui ne rapportera pas grand chose, le revenu annuel moyen des détenus, dont 40 % avaient un emploi avant leur détention se chiffre à 12 000 dollars. Les rares criminels avec de l'argent sont assez brillants pour la cacher et se faire défendre par l'aide juridique (c.f. les Hell's Angels). Vous me voyez venir… Cette idée simple et séduisante risque de ne pas faire ses frais: les coûts administratifs vont probablement excéder les sommes perçues chez les détenus.

Et la diminution du rythme des libérations conditionnelles ?  C'est le gros bon sens, personne ne peut nier l'apparent laxisme qui semble avoir été institutionnalisée dans le système carcéral. Mais qui dit moins de libérations conditionnelles, dit plus de prisonniers. Qui dit plus de prisonniers, dit plus de prisons. Dumont a-t-il chiffré les sommes qu'il prévoyait dépenser pour garnir les coffres de l'appareil carcéral ?

M'enfin, Dumont n'est pas le seul dans cette situation. Ça fait plus de 30 ans que le PQ travaille pour la souveraineté du Québec, mais on ne sait toujours pas comment un Québec souverain sera en mesure d'influencer sa politique monétaire.


12 mars 2007