Boisclair le 4 mars 2007:

Le PQ et les syndicats

Boisclair le 26 janvier 2007:

La Presse
Le PQ bat de l'aile gauche

Au centre de la tourmente, une déclaration récente de M. Boisclair où il prévient sans détour qu'il ne laisserait pas les syndicats, ou tout autre groupe d'intérêt, dicter ses prises de position. Surtout, il promet de tirer un trait sur l'ère où les gouvernements péquistes étaient «copains-copains» avec les centrales et où les négociations se terminaient autour de repas «bien arrosés». […]

«Il y a peut-être de la nostalgie de cette époque où les leaders syndicaux étaient copains-copains, passaient leurs soirées autour de repas arrosés. Ce n'est pas le type de leadership que je recherche», a répondu M. Boisclair. Il ne cherche pas la caution des syndicats, alliés traditionnels du PQ. «Je ne suis pas le porte-parole d'organisations qui défendent des intérêts particuliers. Je serai le premier ministre de l'ensemble des citoyens», a précisé M. Boisclair.

André Pratte
Appuyez maintenant, recevez plus tard

Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a reçu un appui de taille: celui de la FTQ et de son président, Henri Massé. En point de presse ce matin dans les locaux de la Fédération, les deux hommes ont semblé s’entendre comme larrons en foire: blagues, rires, tapes dans le dos. Bref, la tension provoquée il y a un mois par une déclaration de M. Boisclair, selon laquelle le temps où le PQ était «copains-copains» avec les syndicats était terminé, cette tension semble s’être évanouie.

Le président de la FTQ n’a pas seulement annoncé que sa centrale appuyait le PQ et travaillerait à son élection. Il a donné un appui ferme au chef lui-même, y allant même d’un «cher André» bien senti, pendant que les cloches d’une église sonnaient. «Les cloches annoncent-elles un mariage?» a lancé un journaliste.

Comment expliquer cet appui de la FTQ au PQ, au moment où les chances de celui-ci de prendre le pouvoir ne paraissent pas très élevées? En réalité, le pari de M. Massé ne comporte aucun risque. Si le PQ perd, il fera face au même gouvernement libéral ni plus ni moins hostile qu’avant. Par contre, si le PQ l’emporte – et à voir la campagne de M. Boisclair prendre du mieux de jour en jour, cela ne paraît plus impossible du tout – le parti devra une fière chandelle à M. Massé.

Qu’espère la FTQ d’un éventuel gouvernement péquiste? Un État «plus interventionniste», notamment pour aider l’industrie manufacturière, a expliqué Henri Massé. Le gouvernement Charest a beau multiplier les mesures fiscales favorables aux PME, les syndicats veulent davantage, un gouvernement qui vole au secours de chaque usine menacée de fermeture. C’est ce que promet la plate-forme du PQ, qui s’engage à inciter les sociétés d’État telles la SGF et Investissement Québec «à mieux appuyer les entrepreneurs et le développement économique du Québec». C’est un retour, en somme, à la philosophie économique de Bernard Landry.

La FTQ a aussi été séduite par l’engagement du PQ de «modifier en profondeur le cadre de négociation dans le secteur public». Ce changement, c’est évident, se fera à l’avantage des centrales syndicales. Surtout que, l’expérience passée l’a montré, un gouvernement péquiste qui prépare un référendum est particulièrement généreux avec les syndicats, dont l’appui est alors plus essentiel que jamais.

M. Massé s’est défendu d’être «opportuniste». Soit. Disons qu’il sait très bien placer ses pions. Quant à M. Boisclair, cette nouvelle lui permet d’affirmer que le PQ gagne de nouveaux appuis à mesure que la campagne progresse, ce qui en effet, semble vrai.