Flip-flop

Mario Dumont version 2007:

Le Devoir
Tempête «identitaire» au Québec

Dans une lettre adressée à «tous les Québécois», le chef de l'ADQ juge que le «silence» et «l'aplaventrisme» ne peuvent tenir lieu de politique d'intégration et propose que le Québec se dote de sa propre constitution afin d'y enchâsser ses «valeurs communes». «Ce geste fort et solennel permettrait à tous les Québécois de dire, dans un geste commun et rassembleur, qui nous sommes. Cela permettrait aussi aux autres nations de par le monde de saisir clairement la véritable nature de l'identité québécoise», écrit-il. […]

Aux yeux du leader adéquiste, les cas récents d'accommodements controversés consentis aux minorités démontrent à quel point les Québécois de vieille souche ont tendance à «s'effacer» au lieu de défendre leurs valeurs. «Quand on analyse les décisions prises par des dirigeants d'organisations publiques dans le dossier des accommodements raisonnables, cette tendance à s'effacer collectivement, qui est issue de ce vieux réflexe de minoritaire, n'est jamais bien loin», souligne-t-il. «Les propos de Jean Charest et d'André Boisclair sur ce sujet et leurs appels à la prudence cachaient mal leurs intentions claires de ne pas se mouiller dans ce dossier. Pourtant, n'est-ce pas là l'essence même de la fonction d'un dirigeant politique que de défendre et de promouvoir les valeurs de notre société?», lance le chef de l'ADQ.

Le même Mario Dumont version 1999:

Le Devoir
Au temps où l'ADQ prônait l'accommodement raisonnable…

En 1999, dans le mémoire de l'ADQ, on affirmait que, «comme toute organisation, l'école québécoise est tenu [sic] à une obligation d'accommodement raisonnable». Plusieurs pratiques qui se veulent «neutres», notait l'ADQ, sont susceptibles de «créer de la discrimination à l'égard de certains élèves». On illustrait la chose par divers exemples: le calendrier scolaire «entrant en conflit avec les fêtes religieuses juives, musulmanes ou autres» et des règles vestimentaires qui interdisent le port de certains vêtements religieux ou «imposent le port de vêtements considérés comme impudiques».

Les principes défendus dans le mémoire de l'ADQ de 1999 auraient ouvert tout grand les portes des écoles québécoises aux religieux. «Là où le nombre le justifie», plaidait-on, un cours d'enseignement confessionnel devait être «élaboré pour chaque confession». Le mémoire soulignait même que dans la région de Montréal, «on pourrait envisager de regrouper les élèves de différentes écoles afin de constituer des groupes suffisamment nombreux pour justifier un enseignement confessionnel conforme à leurs convictions [ou à celles de leurs parents]». L'ADQ allait jusqu'à dire qu'en «l'absence de ressources professorales compétentes relativement à une confession en particulier, les écoles devraient également pouvoir faire appel à des personnes issues de cette confession religieuse». En 1999, pour l'ADQ, les règles syndicales des établissements scolaires devaient même s'effacer pour faire place aux accommodements en question: «Puisque les convictions en matière de religion relève [sic] des droits et libertés de la personne, les conventions collectives devraient s'adapter aux besoins exprimés par les parents et leurs enfants et non l'inverse.» L'ADQ évoquait les impératifs de la «souplesse» et de la «flexibilité» afin de s'adapter aux besoins particuliers des élèves.