Antagoniste


16 janvier 2007

Top 5 Qc Québec Top Actualité

Le Top 5 de l'actualité québécoise (9-15 janvier) selon Influence Communication:

Top 5

Source:
Influence Communication
Le projet Eastmain en tête


16 janvier 2007

Frères d’arme États-Unis Iran Venezuela

Chavez - Ahmadinejad

Le Temps
L'axe anti-américain

L'intronisation, hier à Quito, de Rafael Correa à la présidence de l'Equateur a offert un raccourci saisissant du climat politique de la région. L'économiste socialiste était pour l'occasion entouré des principaux ténors de la gauche sud-américaine fraîchement élus ou réélus, du prince héritier d'Espagne, représentant de l'ancienne puissance coloniale, et d'un personnage plus inattendu: Mahmoud Ahmadinejad. Le président iranien avait embrassé deux jours plus tôt à Caracas son «frère» Hugo Chavez et rendu visite la veille au sandiniste Daniel Ortega dans une atmosphère d'effusion avec à chaque fois à la clé de multiples promesses d'entraides économiques et d'appuis politiques.

Comment expliquer que les leaders de la gauche marxiste chrétienne d'Amérique latine fraternisent avec l'émissaire d'une théocratie islamiste antisémite? Qu'y a-t-il de commun entre les tenants de la «révolution bolivarienne» et ceux de la «révolution islamique»? Rien. Rien si ce n'est une idéologie anti-américaine et anti-impérialiste qui n'a pas attendu la guerre en Irak pour se manifester mais qui se renforce proportionnellement à l'entêtement de l'Amérique de George Bush à poursuivre dans sa voie unilatérale.

De plus en plus corrompu, le Venezuela de Chavez, qui glisse vers une dictature nationaliste, trouve avec l'Iran un allié de circonstance pour user de l'arme du chantage pétrolier en cas d'agression américaine. Téhéran, désormais dans la ligne de mire de Washington et qui ne peut compter que modérément sur ses alliés russes et chinois, cherche de son côté à diversifier ses soutiens pour défendre son programme nucléaire. Cette alliance stratégique peut s'expliquer par la paranoïa de dirigeants instrumentalisant la haine de l'Amérique pour cimenter leur peuple. Mais elle répond aussi à l'aspiration de ces populations à une plus grande reconnaissance de leur souveraineté.


16 janvier 2007

Le mauvais joueur États-Unis Irak Iran

Tiré du blogue de MC Auger:

MC Auher
Cheney, l'Iran et Jack Bauer

On apprend aujourd’hui que le vice-président Dick Cheney, a confirmé à la chaîne Fox que les États-Unis avaient, en quelque sorte, l’Iran dans leur mire. Cheney. Celui-là même qui fut le grand architecte de l'invasion de l'Irak. Une affaire qui a si bien tourné.

C’est un peu comme un joueur compulsif qui double la mise alors qu’il vient de perdre les dernières rondes. Parce que la prochaine fois, il va gagner. C'est certain.

Moi je dirais plutôt que la situation des États-Unis est celle d'un jouer de poker qui, avec une paire de 2, qui décide de bluffer parce que c'est la seule option qui lui reste pour essayer de gagner quelque chose. On sait tous ce qui arrive à un joueur de poker incapable de cacher son bluffe: il se fait plumer.

Mes 2¢: jamais on ne verra les États-Unis tenter une action militaire d'envergure (i.e. invasion) contre l'Iran. Les États-Unis n'ont pas les moyens militaires, économiques et politiques pour se lancer dans pareille aventure.


16 janvier 2007

Quel avenir pour l’Irak États-Unis Irak Moyen-Orient Terrorisme

" Un scorpion demande à une tortue de monter sur son dos pour traverser une rivière. La tortue se méfie mais le scorpion la rassure en disant qu'il ne pourrait lui faire de mal sans en être lui-même victime. La tortue accepte et, au beau milieu de la rivière, le scorpion la pique. Avant de rendre l'âme, la tortue demande au scorpion pourquoi il a fait cela, les entraînant tous deux à la mort et le scorpion de répondre: 'Ici, c'est le Moyen-Orient.' "

La Presse
L'Irak sans foi ni loi
David Bensoussan*

Que signifierait un retrait des forces anglo-américaines d'Irak aujourd'hui? Plus le temps passe et plus les volontés pacifiques dans ce pays sont érodées par les appels à la vengeance. Les radicaux sunnites et chiites ne se font pas de quartier, ne respectent ni les autorités gouvernementales ni les civils. Un retrait anglo-américain de l'Irak signifierait une lutte sans merci entre sunnites et chiites et un interventionnisme grandissant de l'Iran. Ce pays fait l'apologie de la martyrologie et le spectre d'un Djihad atomique constitue un cauchemar pour l'ensemble des pays de la région.

Laissons de côté la question de savoir si, en son temps, l'invasion de l'Irak répondait aux besoins essentiels des États-Unis. Il n'en reste pas moins qu'une certaine vision a accompagné les planificateurs de cette invasion, soit l'apport de la démocratie, considérée comme la panacée aux troubles endémiques qui affectent le monde arabo-musulman.

Par le passé, la politique américaine en matière des droits de l'homme a oscillé entre le laisser-faire réaliste (en fermant les yeux sur bien des abus dans le monde arabe, pour autant que l'influence soviétique soit bloquée du temps de la guerre froide), les actions punitives sans suivi (première guerre du Golfe qui maintint Saddam Hussein au pouvoir après la libération du Koweït), la carotte (aides financières variées pour stabiliser la région, mais aussi pour contribuer à contrer les courants fanatiques) ou même l'indifférence, voire de la condescendance envers le retard chronique du développement socio-économique des pays arabes. L'on était satisfait de garder les dictateurs arabes en place quand bien même les abus sérieux ne manquaient pas au sein des dictatures baathistes irakienne et syrienne, de l'autocratie égyptienne, de l'Autorité Palestinienne corrompue, sans oublier les graves inégalités en Arabie saoudite wahhabite et les actes génocidaires dont se sont rendus coupables la Syrie à Hama et l'Irak contre les Kurdes et les chiites.

Gouvernance et libertés

Trente-neuf intellectuels et érudits arabes ont analysé pour les Nations unies la gouvernance et le statut des libertés dans le monde arabe en l'an 2004. Leur rapport déplore de nombreuses carences: l'emprise des dictatures sur les médias que ce soit par la censure ou par l'intimidation et dans certains cas, l'emprisonnement; le parlementarisme ne joue pas son rôle de critique des actions gouvernementales; le système judiciaire laisse à désirer; les libertés individuelles ne sont pas toujours respectées et le statut de la femme est loin de l'acceptable.

La réussite de la démocratie en Irak irait à l'encontre des régimes dictatoriaux de la région. Une culture démocratique ne s'acquiert pas du jour au lendemain et doit, pour se maintenir, démontrer des changements patents vers le progrès. C'est un processus qui doit être patiemment assimilé et il est quasi certain que ceux qui auront goûté à la liberté auront beaucoup de difficultés à faire marche arrière. L'opposition à la démocratie en Irak peut essentiellement provenir de régimes disposant de grands moyens de pression et qui sont relativement indépendants: l'Iran, l'Arabie saoudite et le terrorisme dit islamique.

En fin de compte, c'est aux citoyens irakiens qu'il reviendra de décider d'opter pour un modus vivendi démocratique qui éviterait la guerre civile totale. Une telle option nécessiterait de grands sacrifices mais bénéficierait de l'appui américain. Autrement, dans une situation de confrontation, l'Iran et l'Arabie Saoudite (qui serait soutenue par de nombreux autres pays dont l'Égypte ou même la Turquie) encourraient de grandes pertes humaines et détruiraient probablement leurs installations pétrolières respectives.

Par ailleurs, un Irak vraiment démocratique pourrait contenir la surenchère d'extrémisme du président iranien. Son idéal martyrologue pourrait s'arrêter net si la communauté internationale lui faisait front de façon unanime. Khomeiny lui-même dut boire le "calice empoisonné" que représentait la trêve dans la guerre irako-iranienne qui fit des centaines de milliers de morts. Quant à l'Arabie Saoudite, elle devra inévitablement s'ouvrir graduellement à la démocratie. La politique est un jeu de compromis. Elle n'offre pas toujours des options binaires mais permet de réaligner des pions de façon à optimiser les options qui penchent vers les intérêts nationaux. Le scénario d'un Irak démocratique pourrait éviter des conséquences catastrophiques.

La tortue et le scorpion

Les enjeux actuels en Irak dépassent grandement ce pays. Les passions sectaires qui s'y expriment pourraient enflammer l'ensemble de la région. Certains politicologues aiment raconter l'histoire suivante: un scorpion demande à une tortue de monter sur son dos pour traverser une rivière. La tortue se méfie mais le scorpion la rassure en disant qu'il ne pourrait lui faire de mal sans en être lui-même victime. La tortue accepte et, au beau milieu de la rivière, le scorpion la pique. Avant de rendre l'âme, la tortue demande au scorpion pourquoi il a fait cela, les entraînant tous deux à la mort et le scorpion de répondre: "Ici, c'est le Moyen-Orient."

Il est évident que la tortue et le scorpion n'ont jamais connu la démocratie et le respect d'autrui qui lui est inhérent. C'est pourtant de démocratie véritable que le Moyen Orient a besoin pour ne pas succomber aux pièges suicidaires des rancoeurs sectaires.

*L'auteur est professeur à l'École de technologie supérieure à Montréal.