Tiré du dernier congrès de notre parti utopiste favori:

La Presse
Québec solidaire à gauche toute

Ce sera à gauche toute avec Québec solidaire. Le jeune parti veut proposer la fondation d'une compagnie pharmaceutique publique, Pharma-Québec, qui permettrait de soutenir le secteur scientifique, de créer des médicaments et de freiner la croissance des coûts en santé.

Il faut savoir que dans le secteur pharmaceutique, le Québec a instauré en 1994, la "règle des 15 ans". Cette règle consiste à autoriser le remboursement d’un médicament innovateur, par le biais du Régime général d’assurance médicaments du Québec, pour une période de 15 ans après son inscription sur la liste des médicaments remboursés, et ce, même si le brevet du médicament est échu et qu’il existe une copie générique moins chère de ce médicament.

Ceci fait évidamment augmenter le cout des medicaments mais cette règle permet aussi de stimuler le secteur pharmaceutique, une sphère d'activités à forte valeur ajoutée. Alors, bon au mauvais la "règle des 15 ans" ?

Revenu Québec
Les impacts économiques de la « règle des 15 ans » appliquée au remboursement des médicaments innovateurs au Québec

En résumé, selon nos estimations, l’abolition de la « règle des 15 ans » entraînerait le déplacement de 150 millions de dollars de stock de capital du Québec vers le reste du Canada, ce qui, combiné à une réduction du prix moyen des produits pharmaceutiques, affecterait négativement l’économie québécoise.

En effet, la diminution du stock de capital dans l’industrie pharmaceutique s’accompagnerait d’une diminution de l’emploi dans le secteur et aurait pour conséquence directe une diminution de la production du secteur manufacturier. Les pertes d’emplois du secteur pharmaceutique feraient augmenter le taux de chômage au Québec, ce qui aurait des conséquences négatives sur les salaires et le revenu disponible des ménages. Le niveau des échanges commerciaux du Québec avec l’extérieur serait affecté à la baisse, à l’exception des importations en provenance du reste du Canada qui subiraient une hausse. Au total, on a estimé que l’abandon de la « règle des 15 ans » aurait pour effet de réduire de façon récurrente le PIB réel du Québec de 340 millions de dollars.

Les résultats indiquent également que les impacts économiques de l’abolition de la « règle des 15 ans » auraient des répercussions négatives sur le budget du gouvernement du Québec. En effet, les économies réalisées à l’achat de médicaments seraient insuffisantes pour compenser la hausse des dépenses de transfert et les pertes de revenus (taxes et impôts) qui résulteraient de la diminution des investissements de l’industrie pharmaceutique. Selon nos résultats, les pertes nettes pour le gouvernement seraient de l’ordre de 12 millions de dollars par année.

En somme, notre analyse fait ressortir que le rendement pour le gouvernement du Québec du maintien de la « règle des 15 ans » est supérieur à son coût.

Voilà qu'on ne se surprend pas quand on lit la chose suivante:

Le Devoir
Québec solidaire doit se méfier des chiffres (LES ACTUALITÉS, mardi 9 janvier 2007, p. a1)
Pierre Robitaille

Un des penseurs de Québec solidaire (QS), Pierre Mouterde, croit que chiffrer l'ensemble des projets mentionnés dans une plateforme électorale, à l'instar de ce que font les «grands partis», peut constituer un «piège» pour le nouveau parti de gauche. Un débat sur les chiffres se déroule actuellement dans les rangs de la formation politique.

M. Mouterde, qui enseigne la philosophie au collège Limoilou à Québec et qui anime le site Internet «Presse-toi à gauche» (pressegauche.org), est l'auteur de plusieurs livres, dont Repenser l'action politique de la gauche (Écosociété, 2005). Il soutient que les «grands médias» ont cédé à une réelle «obsession des chiffres», lors du congrès d'orientation de novembre de QS, au cours duquel le nouveau parti a adopté une plateforme électorale.

Ce n'est pas des chiffres que Québec Solidaire doit se méfier, c'est de la réalité !